Dimanche 6 avril 2008 7 06 /04 /Avr /2008 14:45

Mercredi 2 avril 2008, la rue Ledra, au centre de Nicosie, était ouverte. Certes il faut des visas, et l'armée turque n'est pas loin.
Mais le symbole est significatif, à plus d'un titre :
- la dernière capitale divisée au monde recommence à s'ouvrir ; Que ça ait lieu en Europe est une bonne nouvelle.
- la méthode européenne est utilisée, pariant sur des solidarités quotidiennes plutôt que sur des arrangements théoriques.
- une démarche des petits pas est avancée.

Au-delà, on voit bien ce qui coince : la position turque, et ses rapports avec l'Union Européenne. Le fait qu'on s'éloigne des dissensions publiques est un atout évident. Le fait que les négociations entre Ankara et l'UE se pousuivent, aussi. L'ouverture de l'OTAN à Chypre est un autre facteur positif. Enfin, l'élection du nouveau président de Chypre (Demetris Christophais), curieusement post-communiste, est le dernier facteur qui favorise cette évolution.
On est loin des grandes machineries chargées de symboles (plan Annan, référendum sur la réunification), qui laissaient la place aux extrêmes. L'avancée silencieuse par la constitution de liens quotidiens (économiques, familiaux, culturels) est une démarche qui favorisera plus l'unité que les grands discours politiques.
On rejoint ici la vraie politique, celle qui laisse la place au liens ténus dont l'accumulation crée des solidarités réelles.
Surtout, un espoit est né, celui de surmonter des divisions linguistiques (et non ethniques, comme on le dit trop souvent) qui sont trop faciles à mobiliser.
Chypre n'est pas les Balkans, mais n'en est pas loin. On y discerne aussi la vieille opposition entre Otttomans (plutôt que Turcs) et Grecs. Que des rapprochements soient possibles est une bonne nouvelle pour tout le sud-est de l'Europe, et pour la Méditerranée.

Publié dans : Confins balkaniques
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 5 avril 2008 6 05 /04 /Avr /2008 20:23
Spécialiste de géopolitique et de l'OTAN depuis maintenant quelques années, je décide finalement d'ouvrir un blog. Deux raisons à cela :
- d'une part, partager mes idées et créer une communauté d'esprits intéressés par les questions de sécurité européennes et transatlantiques
- d'autre part, me forcer à jeter sur le clavier les idées qui me viennent à l'observationde l'actualité ou au hasard des lectures et des conversations;

Projet simple et banal, je le sais, mais aussi expérience que j'espère intéressante.

Rester court et tenter d'être régulier, même si je ne garantis pas une publication quotidienne : comme beaucoup, je n'ai rien à faire, mais ça me prend du temps.
Au plaisir de lire vos commentaires.
Publié dans : Géopolitique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Recherche

Recommander

Syndication

  • Flux RSS des articles

Publications récentes

Voici les derniers articles publiés par O. Kempf

2008 :de Bucarest à Strasbourg" in DN&SC  (novembre 2008)

L’Alliance a vécu une année 2008 assez difficile : si le Sommet de Bucarest a été satisfaisant, avec notamment l’adoption d’un engagement pour l’Afghanistan, la guerre en Géorgie a remis en cause un équilibre instable : non seulement par ses répercussions sur la dynamique d’élargissement, mais aussi sur des dossiers comme le bouclier antimissiles, voire le Kosovo. Quant à la France, elle poursuit son chemin de rapprochement et son débat de défense s’articule autour de l’Otan.


"L'OTAN et la crise géorgienne" in Défense Nationale et Sécurité Collective (DN & SC), novembre 2008

Résumé :  

L’Otan a pâti de la guerre de Géorgie, qu’elle a indirectement provoquée et à laquelle elle n’a apporté aucune solution. Dès lors, l’affaiblissement américain et la relecture de l’article 5 ont remis au goût du jour le débat sur le découplage transatlantique, même si le mot a été rarement prononcé. Elle est donc obligée de jouer un jeu en demi-teinte, dans lequel elle a finalement peu d’initiatives.

.

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus