Acquittement d'Haradinaj, & constitution

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Jeudi 3 avril, Ramush Haradinaj, ancien commandant de l'UCK, a été acquitté par le TPIY. Mais le tribunal a souligné l'existence de pressions sur les témoins de l'accusation. Belgrade a bien sûr dénoncé le verdict.

Il vient renforcer les radicaux serbes avant les prochaines élections législatives. Il vient aussi renforcer les radicaux kossoviens, dont Haradinaj est un des leaders.

S'il ne faut pas commenter le fond d'une décision de justice, on peut toutefois remarquer qu'elle n'intervient pas au meilleur moment politique. Et qu'elle entretient la tension dans la province nouvellement indépendante.

Car aujourd'hui, le Kossovo a adopté une nouvelle constitution, qui entrera en vigueur le 15 juin, lorsque les Nations Unies remettront le pouvoir au nouveau pays.

Selon le texte qui reprend beaucoup des dispositions du rapport de M. Ahtisaari, l’albanais et le serbe auront le statut de langue officielle. Cela ne devrait toutefois pas être suffisant pour calmer les K-serbes, apparemment entrés dans une logique de partition.

Toutefois, les choses se passent pour l'instant en douceur, grâce bien sûr à la pression internationale : on est loin des oppressions observées en Tchétchénie et au Tibet, aini que l'observait P. Hassner dans Le Monde du 5 avril ("les dilemmes de l'Occident") : "Le Kosovo et la Serbie sont en Europe et l'UE, affectée par leur conflit, peut aussi leur permettre de se retrouver un jour dans le cadre d'une intégration commune à un ensemble plus large". Et selon lui, cette solution de l'indépendance sous surveillance, était  "malgré tous ses risques, la seule réaliste et honorable". L'avenir dira si ce réalisme prévaudra contre les extrêmes.

Publié dans Confins balkaniques

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