Kossovo, après l'indépendance, avant la constitution

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Jean-Arnaud, Dérens, animateur du Courrier des Balkans, remarquable site d'information francophone sur les Balkans (voir http://balkans.courriers.info/), signe une très bonne série d'articles dans l'Humanité de ce matin (si, si,  je cite aussi l'Huma !). Pas accessible aujourd'hui (http://www.humanite.fr/), peut-être demain, furetez. Mais vaut le coup de l'acheter, parce que c'est intéressant, et que vous favoriserez aussi la pluralité de la presse.
Drapeau

Donc :
- une enquête sur le Kosovo : 36 Etats seulements l'ont reconnu, mais Roumanie, Grèce, Chypre, Espagne et Slovaquie s'y refusent, de même que la plupart des pays d'Afrique et d'Asie (d'où : pas d'adhésion à l'ONU, à l'OSCE, au Conseil de l'Europe). Donc cela va pousser à la radicalisation, et comme il n'y a pas de sortie, la pagaille va arriver.
- chaos des missions internationales : Si la KFOR passen entre les gouttes du filet, le désordre le plus grand semble régner à la Minuk. QUant aux Serbes, il ne veulent pas de la mission Européenne Eulex dans leur zone. On s'achemine donc vers une partition des missions, Eulex au sud, Minuk au nord : inenvisageable, bien sûr. Donc pas d'Eulex avant la Saint Glinglin
- grandes inquiétude des Serbes  kossoviens, notamment dans les enclaves : tout un tas de ministres de Belgrade viennent s'y montrer et verser des sous. Jusqu'à quand ? se faire instrumentaliser ....
- crise ouverte à Belgrade, où les radicaux  du SRS ont le vent en poupe, car même les pro-européens n'acceptent pas la façon dont l'indépendance a été soutenue. Surtout, H. Haradinaj ayant été acquitté, on voit mal comment le TPI ne va pas faire de même avec Vojlislav Sesej, qui n'a participé à aucune action guerrière et a déjà passé cinq ans en prison. Son acquittement ne devrait plus tarder non plus, et son retour précipiterait le succès des radicaux. Au risque d'un retour de l'isolement des années 1990.

La conclusion : une indépendance qui n'a que le nom, avec une crise économique qui perdure, et une crise politique qui n'est que déplacée dans le temps.
Et si la première ligne de conduite de la communauté internationale (les standards d'abord, le statut ensuite) était la bonne? Mais il faut bien dire qu'elle avait, elle aussi, mené à l'impasse.



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