Caucase : militarisation en cours

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On annonce le renfort russe d'un millier d'hommes en Abkhazie : nul doute que ça ne va pas abaisser la tension, surtout qu'il semble bien que les accusations géorgiennes d'il y a une dizaine de jours (un avion russe a abattu un drône géorgien) soient un montage (voir le billet de JD Merchet sur son blog).
C'est dans le droit fil des pressions croissantes de Moscou sur Tbilissi, explicables par le sommet de Bucarest (voir mon billet), mais aussi par des causes internes (voir mon billet).
Surtout, on attend des élections législatives dans trois semaines en Géorgie, et alors que des doutes se sont élevés en Occident sur la façon dont le président Saakachvili gouverne le mays (état d'urgence proclamé en décembre). Il y a donc aussi une dimension de politique intérieure qui pousse à la dramatisation : chose habituelle qui ne devrait pas inquiéter le géopolitologue.

Toutefois, il faut remarquer que la région du Caucase est entrée dans une vraie course aux armements. J'en crois Gaïdz MINASSIAN, qui écrit une contribution intéressante dansl'ouvrage coordonné par P. PAscallon, "la défense antimissile en débat(s)" (je rédige une fiche de lecture pour le prochain DN&SC, ne vous inquiétez pas). Son titre : "les Etats du Caucase sud et la crise du bouclier anti-missile".
On apprend donc (p 228 sqq) que :
l'Azerbaïdjan a consacré en 2006 900 M$ à ses dépsnes d'armement, la Géorgie 303 M$ et l'Arménie 264 M$.
Depuis 2000, le budget de défense arménien a augmenté de 350 % , celui de l'Azerbaidjan a été multiplié par 8, celui de la Géorgie par 10.
Pour 2008, on prévoit : 1G$ en Azerbaidjan, 720 M$ en Géorgie, 400 M$ pour l'Arménie

En Géorgie compte entre 80 & 100 chars, soit moins que l'Abkhazie (100) et l'Ossétie du sud (87) réunies.
Pas étonnant que tout ceci inquiète les stratèges occidentaux.



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