Liban : de la politique derrière les religions ?

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Le critère religieux est multiforme, et laisse voir des préoccupations plus politiques. Mais il faut, pour cela, décripter ce qui se passe.
Restons donc au Liban, que j'évoquai précedemment (voir
billet).

On aurait donc le Hezbollah contre tous les autres. Et cela conserve, c'est vrai, une part de vérité. Mais la vérité n'est jamais à simple voix, il faut donc en comrpendre les autres aspects.

Tout d'abord, il semble que ce soit principalement la milice Amal de Nabih Berri qui ait investi le Beyrouth Ouest sunnite. Or, Amal est pro-syrienne, quand le Hezbollah est pro-iranien (ou plutôt, pro Ahmadinedjad). Mais Amal semblait plus acceptable dans le Beyrouth Ouest  sunnite (Sinora) et druze (Joumblatt). De même, on sait peu de choses des luttes intestines au Hezbollah : il semble pourtant qu'il y a des tendances internes en contradiction, et que Nasrallah ne soit plus aussi incontesté qu'avant. Pour faire simple, il y aurait une tendance iranienne (majoritaire) contre une tendance libanaise (minoritaire). Mais ceci reste à confirmer...
Du côté est, le Beyrouth chrétien est resté calme : il n'y a donc pas eu de luttes entre une majorité (Geagea et Gemayel)  et une minorité alliée au Hezbollah (Aoun).

L'homogénéité de chaque camp politique n'est donc pas aussi nette qu'il y paraît de premier abord, quand tous les journaux n'analysent que "Hezbollah contre Liban".

Bref, la question qu'il faut se poser n'est pas celle de la bipartition de Beyrouth (musulmans contre chrétiens) qui est une compréhension datée, mais celle d'une tripartition de la ville, avec un Beyrouth est (soutenant la "majorité"), un Beyrouth sud (chiite Hezbollah ,donc soutenant la "minorité") et un Beyrouth ouest "sunnite", et objet de la lutte entre majorité et minorité.


(J'espère que vous admirez mes talents de cartographe....)

Tout ceci sans évoquer les liens régionaux qui compliquent la donne :
- Une Syrie négociant avec Israël et attendant que la situation politique intériure iranienne se décante
- Un Israël voyant Olmert affiabli, mais sans que personne n'ait intérêt à précipiter sa chute (ni Barak, ni même Netanhyaiouh)
- Une autorité palestinienne restant éclattée entre Abbas et Hamas
- Un Iran où s'opposent deux types de conservateurs, des éclairés et les soutiens d'Ahmadinedjad, et dont les objectifspolitiques régionaux divergent fortement (en Irak, au Liban et contre Israël)
- Des Etats-Unis qui voient arriver uen confrontation entre Obama (négocier à tout prix) et Cain (je maintiendrai)

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Publié dans Proche-Orient

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