Franco-russe: plus qu'un entremet, une lune de miel

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Derrière les rotomontades russes actuelles , il faut discerner deux faits :
- l'alliance à l'est (logique pseudo-eurasienne) s'essouffle (voir billet).
- il faut donc chercher à l'est. 
Or, le meilleur partenaire du moment est la France :


De ce point de vue, l'héritage chiraquien sert bien M. Sarkozy. L'absence renouvelée de critiques sur les droits de l'homme et le soutien assumé à la nouvelle équipe au pouvoir  à l'issue des élections présidentielles sont très bien vus à Moscou. Le fait également que la France mette en oeuvre une politique énergétique nucléaire à l'international rassure les Russes, qui trouvent là des similitudes avec leur gestion du gaz et du pétrole. Enfin, la relative indépendance française par rapport au gaz russe est un gage d'indépendance qui convient aux deux parties.

Aussi, le premier contact international du nouveau président Medvedev n'a pas été pour la Chine, mais pour accueillir M. Kouchner. Et la première visite à l'extérieur de M. Poutine, devenu premier ministre, est réservée à la France. Dernier signe : les Russes ont accepté de fournir des hélicoptères à l'Eufor Tchad, ce qui est le signe d'une bonne volonté.
Le calendrier est serré : dès juillet, l'Europe va négocier avec la Russie un nouveau partenariat (maintenant que la Pologne et la Lituanie ont levé leur véto). Et la France, présidente de l'UE, aura un rôle éminent à jouer.

Cette position française risque d'agacer. Surtout à l'ouest de l'Europe :

On verra ce qu'en penseront les Allemands et les Britanniques.... car ils peuvent croire qu'il s'agit d'une résurgence de l'alliance de revers qui a toujours été, de François 1er à Clémenceau, une tentation française.


Olivier Kempf

Publié dans Russie(s) (toutes )

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