Présidentielles : 2èmes mandats, Obama/Mc Cain

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L'hlinkabitué de ce blog aura noté que j'écris relativement peu sur les Etats-Unis. Pourtant, un blog de géopolitque atlantique devrait donner plus en pature au lecteur, non ?

Cette discrétion a ses raisons :

- d'abord, résister au tintamare médiatique autour des élections américaines (non que je ne reconnaisse pas qu'elles nous affectent tous, mais un peu de liberté d'esprit sied bien au teint) ;
- ensuite, prouver qu'on peut évoquer la géopolitique sans avoir besoin, en permanence, de se référer aux Etats-Unis : ce travers est, trop souvent, celui des commentateurs de circonstance ; et j'essaye sur le blog de m'en garder ;
- enfin, éviter de se livrer au jeu favori des Européens, à savoir voter pour des primaires alors qu'ils n'ont pas le droit de vote. L'engouement de la presse pour Obama est de ce point de vue fatiguant.





Mais donc, puisque le résultat des primaires est dorénavant assuré, que peut-on dire ?

1/ Qu'il faut se méfier de l'analyse habituelle : Obama l'isolationniste contre (versus) Mc Cain le néo-interventionniste. Peut-être y aura-t-il une volonté d'Obama de rénover aussi la politique extérieure.


Voir son programme en la matière  ici, intitulé "foreign affairs".
Et celui de Mc Cain ici, intitulé "national security".
L'intitulé a, bien sûr, une signification....

2/ Que comme d'habitude, la politique étrangère n'est pas un facteur déterminant pour une élection présidentielle : remember CLinton vs Bush, en 1992 : "it's economy, stupid".

3/ Qu'enfin, il y a une énorme différence entre un premier mandat et un deuxième. Le 1er Clinton s'est désintéressé de la politique étrangère pendant quatre ans, et ce n'est qu'une fois réélu qu'il a regardé l'Europe et le Moyen -Orient. Quant à Bush Jr, est-il nécessaire de rappeler la diffférence de tonalité entre son premier mandat et le suivant ? Certains ont beau plaider que les neo-cons conservent leur influence, il y a quand même eu une nouvelle attitude américaine au monde. Le wilsonnisme botté a bien évolué. Au fond, il est probable que peu de choses évolueront en matière extérieure. Les Etats-Unis s'inquiéteront plus de Katrina et du baril que du conflit israélo-palestinien.

En conclusion, il faut garder raison et mesure, et attendre. La composition des tickets sera peut-être un indication... mais là encore, attention à la sur-interprétation.

Olivier Kempf

Publié dans Etats-Unis

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