Syrie : les avancées continuent, de plus en plus vite

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On apprend par un petit entrefilet du Figaro de ce matin que Bachar Assad envisageait d'ouvrir une ambassade à Beyrouth lorsque la situation sera stabilisée. C'était à l'occasion d'une tournée dans le golfe.

C'est un retournement majeur, à la hauteur du caduc d'Arafat à propos de la charte de l'OLP qui appelait à la destruction d'Israël.

En effet, en annonçant cela, Damas reconnaît officiellement que le Liban est un Etat indépendant qui n'a pas vocation à être intégré dans une grande Syrie.

Cela est annoncé lors d'une tournée dans le golfe, c'est-à-dire auprès des puissance arabes sunnites (dont le Qatar qui avait oeuvré à la résolution de la crise politique libanaise).
Cela vient se rajouter au renvoi du général Shakwat, patron des renseignements militaires (voir article dans Figaro du 4 juin).
Et après les négociations avec Israël (sous les auspices de la Turquie, avec qui la Syrie a normalement un contentieux autour du sandjak d'Alexandrette, indûment attribué à Ankara par la France mandataire) (voir
billet).

Bref, ça avance très vite. Et visiblement, la Syrie s'éloigne de l'Iran pour redevenir 'sunnite' et se rapprocher des Américains.

Bon, il y a la restriction à propos de la stabilisation du Liban : Assad  est trop fin pour aller trop vite. Mais les messages s'accumulent.

Olivier Kempf

Publié dans Proche-Orient

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clarisse 12/06/2008 13:03

"… la Syrie s'éloigne de l'Iran pour redevenir 'sunnite'…". J'avoue que j'ai un peu de mal avec le qualificatif "sunnite" pour parler de la Syrie, même politiquement parlant, accolé au verbe "redevenir". Pourriez-vous nous expliciter un peu plus cette idée ? Merci

14/06/2008 11:11


Car la majorité de la population syrienne est sunnite, et l'alliance de la Syrie avec l'Iran chiite était un peu "contre-nature". C'est tout l'effort de la ligue arabe que de réintroduire la SYrie
dans le jeu "sunnite".
Il reste que la politique doit aller au-delà des déterminants "religieux"....
Mais bien sûr,  mon point de vue est discutable : mercie de le mettre en doute.