France, OTAN et Livre Blanc

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Revenons un peu sur cet aspect des choses : le LB et l'OTAN. Il faut pour cela consulter le blog de V. Jauvert, très averti et perspicace.

Tout d'abord, rappelons sa publication exclusive du discours de Bush au sommet de l'OTAN, que personne n'avait eu, et dont il publie le principal extrait (voir
billet intégral) le 23 avril dernier :

"...les nombreux défis auxquels nous faisons face à l'aube du 21ème siècle exigent une Otan forte et une Union Européenne forte. Les nations alliées, y compris la France, ont travaillé ensemble pour transformer l'Otan face aux nouveaux défis de sécurité en élargissant sa composition, en construisant des partenariats et en lançant des opérations loin des rives de l'Otan.
J'accueille favorablement l'intention du président Sarkozy de rendre à la France tout son rôle dans cette Otan transformée, et qu'elle assume ainsi sa place dans toutes les structures de l'Otan. Ceci renforcera l'Otan et notre capacité à faire face aux défis communs. Notre avenir est ensemble.
En même temps, l'Union Européenne doit être un acteur fort et efficace sur la scène internationale - y compris sur les questions de sécurité. Face aux défis de sécurité d'aujourd'hui, il est de la plus haute importance que les nations européennes développent des capacités suffisamment robustes et flexibles pour participer tant à des opérations de l'Otan que de l'Union Européenne.
Comme je l'ai dit, l'Amérique soutient une Europe forte car nous avons besoin d'un partenaire fort pour faire progresser la liberté dans le monde. Une Europe plus forte contribue à la sécurité et à la stabilité européenne et mondiale. C'est pourquoi les États-Unis encouragent leurs amis et alliés à mobiliser les ressources et à prendre les mesures nécessaires pour renforcer leurs capacités de défense.
Nous devons aussi reconnaître que les opérations du 21ème siècle doivent inclure un large éventail d'activités civiles et militaires - des activités où l'Otan et l'Union Européenne ont des forces différentes. Ces deux grandes institutions doivent être des partenaires stratégiques, capables de travailler efficacement ensemble pour défendre nos valeurs communes et nos intérêts communs. Nous avons vu cela dans les Balkans et en Afghanistan, où l'Otan et l'Union Européenne sont engagées dans un effort conjoint. C'est pourquoi je soutiens fermement la coopération la plus étroite possible entre l'Otan et l'Union Européenne, afin que nous puissions apporter toutes capacités civiles et militaires pour faire face aux défis auxquels fait face notre communauté transatlantique
."

Ceci confirme l'analyse que je développai en avril dans DN&SC. Il y a bien un marchandage en cours. Mais on voit que le président s'avance moins que V. Nulland, qui ouvrait plus la porte sur la capacité de planification.

Il reste que dans le discours de NS à la porte de  Versailles, une incertitude demeurait. D'ailleurs, la presse s'y est trompée, certains médias (France Inter) annonçant le retour, d'autres (Le Monde) rappelant la condition de l 'Europe de la défense.

Comment expliquer ce flou ? V . Jauvert rappelle (
ici, billet du 18 juin)  la différence d'approche entre le PR (atlantiste pur) et le PM (bruxelliste) qu'il avait exposée et que nous avions signalée (voit billet). Le Quai essayerait alors de profiter du pataquès pour monter une position de négociation....
Mouais.....

En fait, tout le monde sait bien que la France revient, et que la "condition" vantée sera remplie : il y aura forcément 'une' avancée de l'Europe de la défense, par exemple l'intiative sur les hélicoptères (voir
billet). Alors même que les Brit. font cavaliers seuls en matière de porte-avion, et sont bloqués en ce qui concerne le centre de planification. Mais ils ont ratifié le traité de Lisbonne, après le non irlandais, ce qui leur donne des gages d'européisme.

Ces amusements, est-ce bien grave ?
Ce n'est peut-être pas 'diplomatique' au sens des raffinements des hommes de l'art. Mais on discerne là que le PR veut imposer sa volonté aux événements. Bref, une histoire de style, un tempérament de brusquer les choses, de l'audace et un pari : sur le mode "On ne perd pas grand chose, on peut gagner beaucoup".

C'est donc probablement la partie la moins 'criticable' du LB. Même si le PR le fait pour de mauvaises raisons, il fait peut-être le bon choix.

Je précise immédiatement que je ne suis pas 'atlantiste', et que ce qui m'attire, c'est le côté audacieux de la décision.

Ce doit être mon goût popur les échecs ..... ;-)

Olivier Kempf

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