Paradoxes du terrorisme

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Bien sûr, le terrorisme est un mode d'action, et bien sûr, la GWOT est conceptuellement stupide.
Mais revenons à ce sujet du terrorisme.

La lecture de l'excellent Colin Gray

(La guerre au XXIe siècle : Un nouveau siècle de feu et de sang , chez Economica
)


permet les deux aperçus suivants:

1/ L'attentat du 11 septembre a peut-être été pour les terroristes une réussite tactique, mais il constitue un échec stratégique : ils s'attendaient à voir l'Amérique émolliente s'effondrer dans l'effroi (conformément à leur discours sur la faiblesse de caractère des Occidentaux), ils n'ont fait que provoquer une virulente réaction de défense des Etatsuniens.

2/ Tout le monde (moi le premier) a glosé sur l'impréparation de l'après-guerre d'Irak. Mais le message stratégique était très signifiant : "nous allons casser la gueule à tous ceux qui soutiennent de près ou de loin les terroristes, peu importent les conséquences".  Message reçu cinq sur cinq par la Libye, et actuellement la Syrie.... Les Américains sont déterminés à vaincre, ce qui n'était pas prévu par le discours islamiste.
C'est balot, mais les islamistes croient leurs discours, et ne lisent pas assez ceux de l'adversaire....

Bref, l'habileté n'est pas forcément du côté où on la croit.

3/ Dernière remarque.
La lutte dans les guerres irrégulières reprend une caractéristique essentielle des guerres régulières, et notamment leur version industrielle du XX° siècle : le primat donné à l'usure.
Il ne faut pas s'y tromper. Dans une guerre irrégulière, tant les "irréguliers" que les "réguliers" choisissent l'option stratégfique de l'usure. C'est la raison fondamentale qui me fait dire que l'Occident n'a pas perdu en Afghanistan. Même s'il n'a pas "gagné" (car dans une guerre d'usure, il n'y a plus de victoire décisive).  Ce qui amende ce que je pensais il y a deux ans et qui est devenu depuis un lieu commun (une non victoire est une défaite) : désormais, pour les Alliés, une non défaite (qui est assurée) peut-être une victoire de long terme. 

C'est le dernier paradoxe que je voulais vous donner ce matin.
Bon dimanche

Olivier Kempf

Publié dans stratégie

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