Transnistrie et Moldavie: une alternative aux modèles kossoviens et ukrainiens ?

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Je signale un excellent article paru dans la Croix du 1er juillet (et non, vous ne l'aurez pas en ligne, à acheter ou lire en bibliothèque). C'est un journal que j'aime bien, qui fournit des analyses décalées en matière de sécurité et de défense, même si c'est moins fréquent que les "grands" journaux obligés de rendre compte de tout, et de tout analyser.

Or donc, un article sur la Moldavie et un autre sur la Transnistrie. (voir par exemple http://www.moldavie.fr/)

Qu'y apprend-on ?

Que le président Voronine de Moldavie promeut un réglement sur la question de la Transnistrie (province sécessioniste qui borde la rive nord du Dniestr). En clair, réintégration de la province en échange d'une neutralité (qui signifie une non adhésion à l'OTAN.

Commentaires :

1/ C'est autre chose que la méthode Kossovienne, bien qu'il s'agisse du même système inversé que dans la province (une province sécessioniste qui est "occupée" par des armées étrangères -alliées d'un côté, russes de l'autre- qui stationnent pour "empêcher" la situation de se dégrader, et en fait geler le conflit. Dans un cas, on favorise la séparation, selon un principe criticable (cf mon billet) ; dans l'autre, une démarche intégrationniste.

2/ On redonne du sens au principe politique de neutralité qui subit, actuellement, des controverses : remise en cause en Scandinavie, questionnement implicite en Autriche, raidissement en Irlande (cf référendum).

3/ cela montre l'intelligence de la démarche russe (voir billet), qui pratique de façon virtuose le billard à plusieurs bandes. Car derrière le Kossovo, il y a l'Ukraine, mais aussi la constitution d'une zone tampon (voir billet).

On verra ce que ça donnera, mais c'est très fort de la part du Kremlin.

Olivier Kempf

Publié dans Confins slaves

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