Baltique contre Méditerranée

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Je continue de m'interroger sur l'Union pour la Méditerranée. Vous me pardonnerez, je l'espère, ces interrogations, qui sont en fait une façon de réfléchir à haute voix, ou à clavier ouvert.
J'avais évoqué, en son temps, le questionnement sur la nature de la Méditerranée : centre ou périphérie (voir billet) ?
Un article du Figaro relance la réflexion (voir ici) : " Les Allemands ne l'entendent pas de cette oreille. «Si vous ne cédez pas, nous bloquons tous les autres dossiers de la présidence de l'UE», expliquent les «diplos» de Berlin à leurs amis de Paris. L'Élysée cède. Et accepte d'embarquer les 27 membres de l'Union européenne dans l'UPM. En échange, la France ne sera plus seulement un simple «observateur» mais un membre à part entière de l'Union de la Baltique… "

La négociation est claire : les Allemands récusent la tendance centrifuge (en clair, une Union Méditerranéenne autonome et, en fait, séparée de l'UE) et organisent la centralité de l'UE dans l'organisation de ses voisinages : c'est l'UE qui est partie prenante de l'UPM, c'est d'une certaine façon l'UE qui est partie prenante du "Conseil des Etats de la Mer Baltique" (CEMB), plus couramment appelée Union Baltique (voir ici, même si c'est une page Wikipédia....!).

Cela m'a amené à m'intéresser à ce qui se passait dans la pointe nordique du triangle européen.
Je vous conseille de découvrir la page qui décrit le Conseil Nordique, plus ancien et plus efficace. Toutefois, il est strictement intergouvernemental, et repose sur l'organisation de projets particuliers (Union nordique des passeports, Scandinavian Airlines System,...) et surtout l'appréhension commune du " « Välfärstat » scandinave, déclinaison locale et exemplaire de l’ « Etat providence » économique et social. "


Les Etats du Conseil nordique, carte extraite de taurillon.org









Mais si le Conseil nordique fonctionne, c'est qu'il est 1/ intergouvernemental 2/ qu'il propose des "coopérations renforcées" dans des domaines très restreints 3/ qu'il vient sanctionner des siècles d'histoire commune et des langues très proches.
S'agit-il vraiment d'un modèle pour l'UE ?

Et ce modèle, aboutira-t-il vraiment à des réalisations concrètes quand il s'agira de le transposer au Conseil Baltique qui incorpore, rappelons le, la Russie ?

Dernière question : l'Union Baltique, que l'on considérait comme une initative centrifuge, avait-il plus de chances de fonctionner que l'Union Méditerranéenne, telle qu'elle était présentée au début par Henri Guaino ? N'a-t-on pas lâché la proie pour l'ombre ?

Car après tout, cela fait deux millénaires et demi que les peuples méditerranéens se connaissent....

Mais a contrario, les Allemands promeuvent une logique centripète qui veut défendre, à la fin, le projet de l'UE. Or, celui-ci paraît aujourd'hui fragile. Il faut respecter cette sagesse allemande.

Bref, beaucoup de questions auxquelles je n'ai pas de réponse et que le temps permettra, peut-être, de décanter.

Olivier Kempf

Publié dans Baltique et Scanie

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