Qq conséquences de la fin de l'hégémonie américaine

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Chacun remarque bien aujourd'hui la fin de l'hégémonie américaine : regardez J. Sapir qui, quinze ans après, retourne sa prévision d'un XXI° siècle américain.

C'est vrai dans l'ordre militaire et diplomatique.

La crise actuelle, économique,  vient valider les intuitions prémonitoires d'E. Todd.
Ainsi donc, l'affaire d'Irak est à la fois une faillite morale (une 'soft weakness', à l'inverse du soft power de Nye) et une remise en cause de l'art de la guerre à l'américaine.
Par conséquent, chacun se détourne d'eux, même Israël (voir ici).

La crise économique actuelle provoque en outre des remises en cause tout aussi radicales.
Elles sont pratiques :
 - restrictions de consommation d'essence (et je prends le pari qu'il y aura moins d'obèses aux US d'ici 10 ans)
- restrictions à l'économie d'endettement

Elles sont surtout idéologiques en matière de théorie économique:
- quant à l'ouverture des marchés (c'est la fin de la domination  ricardienne et du théorème HOL -Hechker, Ohlin et je ne me rappelle plus le dernier, mes cours sont loins)
- quant à la perfection des marchés (Smith et M. Ffriedmann)
- quiant à l'inutilité de l'Etat (école du Public Choice)

B. Obama est une réponse valable à toutes ces crises :
- militaire en prônant le retrait d'Irak, mais en conservant une présence au monde, AVEC les alliés (Le Monde s'en aperçoit seulement aujourd'hui, je l'avais signalé ici, voir aussi mon analyse du phénomène Obama ici)
- imagière car il suscite un intérêt favorable du "reste du monde" (il faudra vraiment que je reveinne sur cette notion, très géopolitique)
- économique car démocrate, et donc plus crédible en matière d'intervention publique.

Bref, il est aujourd'hui hautement probable qu'il gagne, sauf accident, dans cinq mois.

Olivier Kempf

Publié dans Etats-Unis

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MB 18/07/2008 22:25

Si j'adhère sur le fond au fait que B. Obama apporte des solutions qui semblent plus adaptés aux problèmes de l'Amérique que McCain, je pense néanmoins qu'il ne faut pas forcement en déduire qu'il va gagner même si aucun évènement spectaculaire ne survient. Le monde entier pensait que Kerry allait gagner l'élection présidentielle de 2004 et pourtant Bush est passé haut la main. Il ne faut donc pas confondre ses désirs avec la réalité américaine qui est bien différente de celle du reste du monde et de l'Europe en particulier.

N'oublions pas que la couleur de peau va sans doute jouer beaucoup plus que la plupart des journalistes américains y compris ne le pensent. Le clivage racial est sans doute moins fort dans les villes ou vivent les observateurs de la vie politique américaine, mais il existe dans les campagne. Beaucoup de démocrate blanc ne sont pas forcement prêt à voter pour un noir. Regardez le nombre de maires noirs aux Etats-Unis, comparez-le au nombre de gouverneurs et/ou représentants noirs, la différence est flagrante.

VonMeisten 18/07/2008 17:59

Oui, j'avais compris le mot "accident" dans ce sens.

VonMeisten 18/07/2008 07:14

Obama favoris ? Peut être si la situation géopolitique reste en l'état, mais si cela se complique, l'avantage n'ira-t-il pas plutot vers Mc Cain ?

18/07/2008 14:53


Je crois avoir mis une restriction dans le billet "si les choses restent en l'état", ou "sauf accident" ou une clause prudentielle de ce type.
Aujourd'hui, cependant,  la tendance est à la victoire d'Obama.
Enfin, la notion d'accident n'est pas à entendre au sens d'Hillary Clinton (style "il peut se faire assassiner"), mais d'un accident politique : imaginez par exemple qu'on découvre que Ben Laden
soit un des contributeurs à la campagne d'Obama, et il a perdu l'élection.