Afghanistan : la tentation du bourbier

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La situation en Afghanistan revient sous les feux de l'actualité française, probablement à l'occasion de la visite en Afghanistan du ministre de la défense (ici).

H. Morin, accueilli une deuxième fois par Th. qui goûte donc les choses avec gourmandise ! (bon courage, Th., plein de choses à J-Marc).

Le Monde publie par la même occasion un entretien avec G. Challiand . Très pessismiste.
J.-D. Merchet nous gratifie également d'un billet dans son blog où il nous fait part de confidences de l'EMA, elles aussi pessismistes : "une impasse militaire totale et durable", paraît-il.

François Duran évoque le sujet (ici) en réagissant avec justesse et honnêteté. J'apprécie beaucoup ce qu'il dit sur le moment de la négociation (du pur Clausewitz, non?).

Qu'en dire ?

Que c'est la guerre. Et qu'elle vient tout juste de commencer. Et qu'elle est un affrontement des volontés. D'abord, avant d'être une histoire d'hommes, de matériels, de moyens, de stratégie. Une affaire de volontés.

Je ne veux pas discuter si c'est une bonne chose d'aller en A-stan. Mais si on y est, c'est pour faire la guerre. Pas pour rester cramponné dans son petit coin (nicht wahr? wie geht's in Kunduz?). Et que donc, il me paraît malvenu, alors qu'on vient juste d'engager nos forces, de commencer à dire que la situation est compromise et qu'il faut négocier mais que ça ne sert à rien etc. Que ça vienne d'experts autorisés (EMA) ou non (Challiand).

Enfin, je vous renvoie à mes précédents billets sur le sujet :
- l'un pour noter qu'il s'agissait d'une guerre d'usure, nouvelle mouture (ici) : en clair, on les use autant qu'ils nous usent. Et ce qui s'use, c'est la volonté. Pour répondre à FD, la CDG est-il dans notre volonté ou dans le soutien (ou la tolérance) de l'opinion à la guerre? Regardez les Brits, malgré une très forte opposition à la guerre en Irak, ils y sont restés. Traditionnellement, le CDG ami est la cohésion de la coalition multinationale etc. Sachant qu'ici, les choses sont compliquées par la coexistence de deux coalitions, une OTAN (FIAS), une US (Liberté Immuable).
- l'autre (ici) pour appeler à l'esprit critique et à la distance à conserver avec les campagnes de presse (car il s'agit bien de cela, n'est-ce pas? puisque la presse, dorénavant, c'est aussi la blogosphère...).

Quant à moi, je trouve que les Talibans ont une position moins forte que par le passé, car dorénavant chacun discrimine talebs, pachtounes, seigneurs de la guerre et AQ. Et chacun voit bien maintenant les à côtés géopolitiques, vers l'Iran à l'ouest, vers l'Asie centrale et la Russie au nord, vers le Pakistan et l'Inde à l'est.

Car la guerre sert aussi à ça : permettre aux situations politiques de se décanter (encore une fois, je suis clausewitzien).

N'est-ce pas Luttwak qui disait : "Give war a chance" ?

Olivier Kempf

 

Publié dans Opérations

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