Frontière de l'Europe

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Dans le dernier Dn&SC, il y a d'excellentes fiches de lecture en fin de revue (;-)))))
Je vous conseille celle de J.-Ph. Immarigeon, auteur que j'aime bien car il est fécond et indépendant. Et d'ailleurs, j'ai écrit une fiche de lecture sur son ouvrage sur l'Amérique que je conseille de lire, en passant, à tous ceux qui s'intéressent à ce pays.
Or, ce qui retient mon attention, c'est cette phrase :
"« Et l’Europe d’hésiter entre une frontière qui la projette et une frontière qui la protège, sans réussir à choisir. » L’Europe espère secrètement que ses voisins y répondront à sa place, en lui signifiant la fin de son expansion territoriale. "
Cela expliquerait l'attitude inconsciente des Européens, lors du dernier sommet de l'Otan à Bucarest, qui ont refusé l'adhésion de la Géorgie et de l'Ukraine (voir ici). Car en refusant l'élargissement de l'Otan, en laissant aux Russes les coudées franches pour s'y opposer, on prépare la fin de l'élargissement de l'UE.
Je ne pense pas qu'il y ait là quelque chose de forcément conscient.
Sur les frontières de l'UE, je rappelle ce billet .

Je maintiens quant à moi qu'il est bon que l'UE ait des frontières.

Olivier Kempf

Publié dans Europe - PESD - PSCD

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ArnaudH 07/08/2008 10:21

Très belle phrase de J.-Ph. Immarigeon et très bon billet sur les limites du théorème européen!

Pour ma part, le chaînage s'arrête dès lors qu'on s'approche de la périphérie d'un autre centre (Russie, Moyen-Orient / Proche Orient) mais au même temps (et de manière contradictoire), je considère que les Etats tampons n'on plus de place dans le système européen (on a donné!); conclusion: une nouvelle frontière est inévitable (cela participe de la formation à long terme d'un monde véritablement multipolaire, sans laissez-pour-comptes; l'idéal kantien étant repoussé à une phase ultérieure).

Je considère donc que la l'Ukraine, la Moldavie et la Turquie (qui ne se réalise pas pleinement au Proche / Moyen Orient comme le démontre sa non appartenance à la Ligue Arabe), mais aussi la Géorgie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan ont toute leur place dans l'UE à venir (une "enlargement fatigue" était inévitable après l'intégration de 12 pays en si peu de temps, la suite n'est donc pas pour demain). En ce qui concerne ce dernier pays, il faudra qu'il décide dans quel ensemble il se retrouve le plus (Mer Noire européenne / Mer Caspienne centre-asiatique / Moyen-Orient). De même, la Biélorussie devra choisir entre une intégration en Russie ou dans l'UE.

Sur le sommet de l'OTAN et l'attitude à l'égard de l'Ukraine et la Géorgie (mais aussi la Macédoine), je pense surtout que c'est lié à la politique interne des Etats membres de l'UE, qui ne peuvent se permettre de relancer une dynamique d'élargissement pendant le cycle politique en cours, qui se terminera avec les élections européennes de 2009 et la mise en application (potentielle) progressive des dispositions du TCE & Lisbonne (clôturant théoriquement un cycle institutionnel "d'approfondissement", pendant de l'élargissement de 2004-2007).

07/08/2008 11:04


Il y a place à débat, bien sûr. On y reviendra....