Clausewitz (Livre I, Chap 1, § 12, 13 & 14)

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Autant le § 11 était difficile, autant les trois paragraphes qui suivent me semblent plus faciles. Ils sont réunis par le thème du temps de la guerre. Ils s'intitulent :
12 : Cela n'explique pas encore les interruptions de l'action guerrière
13 : Il n'y a qu'un raison de suspendre les opérations, et elle semble ne pouvoir être qu'unilatérale
14 : Une continuité serait ainsi établie dans l'action militaire, qui pousserait à nouveau aux extrêmes.

Que veut dire CVC ?

§12 : CVC constate tout d'abord que "toute action a besoin d'un certain temps pour arriver à son terme". "Le temps dépend donc de motifs internes et appartient à la durée propre de l'action". En dehors de ces temps, "tout temps d'arrêt dans la poursuite de la guerre est une absurdité". Dès lors, il ne devrait pas y avoir d'interruption dans la conduite de la guerre.

§13 : Le principe d'hostilité, qui a amené les combattants à ouvrir le combat, persiste donc tant que la guerre n'est pas signée. Si donc l'un s'arrête, c'est que l'un "veut attendre un moment plus favorable". Mais aussi : "si l'un a tout intérêt à attendre, c'est que l'autre a tout intérêt à être en action". Il ne peut pas y avoir d'équilibre. "Dès ce moment, l'action incombe entièrement à l'adversaire, qui ne doit pas laisser au vaincu le temps de s'équiper pour repasser à l'action". CVC ajoute : "à l'évidence, on présuppose ici de la part des antagonistes une connaissance parfaite de la situation".

§14 : "Une telle continuité de l'action militaire, si elle avait lieu, pousserait à nouveau dans le sens d'une montée aux extrêmes".
CVC arrête aussitôt l'ascension : "mais nous savons bien que l'action militaire ne revêt que rarement, ou pas du tout, un caractère de continuité". Clausewitz revient en fait au principe de réalité, qu'il a commencé d'évoquer au § 6. Car "la suspension des opérations doit donc être possible, c'est-à-dire non contradictoire. Nous allons maintenant montrer pourquoi et comment il en est ainsi".
Cette démonstration va nous entraîner jusqu'à la fin du chapitre. Nous y reviendrons donc.

Mais vous voyez que ces § sont assez faciles à lire, et ne suscitent pas d'interrogation majeure.

Olivier Kempf

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