OTAN et Géorgie

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Bien sûr, en première approche, l'affaire géorgienne a affaibli l'Otan (voir ici): en effet, on voit bien que la négociation de pré-adhésion n'a apporté aucune garantie, que le Partenariat pour la paix non plus, et que la seule mesure de rétorsion a consisté à suspendre le Conseil OTAN-Russie, ce qui n'a pas beaucoup chagriné Moscou. Surtout, l'approvisionnement de l'Afghanistan dépendant de l'accord entre l'Alliance et Moscou, il est peu probable que la brouille dure bien longtemps.

Ce constat suscite, certainement, beaucoup d'interrrogations dans les pays des confins : si la Pologne est très va-t-en guerre, on entend moins les Etats baltes, la Roumanie ou la Tchéquie : preuve que bien des pays anciennement membres soit de l'URSS soit du PAVA constatent le retour de la logique du rapport de force.

Toutefois, cette affaire favorise l'Otan, dans la longue durée. Car si on s'interrogeait sur l'utilité de l'Alliance dans un monde apaisé et tout préoccupé de commerce et de droits de l'homme, le retour de la guerre, en Afghanistan mais aussi à proximité de l'Europe, redonne objectivement du sens à l'Alliance. Celle-ci a deux caractéristiques : une géographique (l'Atlantique nord) et une fonctionnelle (le militaire). La guerre en Géorgie renforce immédiatement ces deux caractéristiques, et revitalse mécaniquement la légitimité de l' Otan.

On peut ainsi en voir un prémisse en France : à la suite de l'accrochage de Souraibi, le gouvernement admet qu'il va renforcer le dispositif dès cet automne en mettant "les moyens qu'il faut" ; et ainsi que nous le notions (ici), la discussion budgétaire ne devrait pas être défavorable au MINDEF. Tout cela alors que la croissance faiblit et que le gouvernement cherche par ailleurs des ressources à tout prix.

 

Ce réétagement des priorités, ce retour de la préoccupation de défense, ce sont des facteurs qui doivent sourire à certains esprits réalistes du côté d'Evère....

A la chute de l'URSS, un diplomate russe avait prophétisé : "nous vous faisons le pire cadeau qui soit : vous priver d'ennemi ".

L'assaut des chars russes en Ossétie met fin à l'oracle !

Olivier Kempf

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Pour avoir encore un autre point de vue du conflit, celui des moujahedinnes du Caucase, lire cet article: http://lefrontasymetrique.blogspot.com/2008/09/jihad-dans-le-caucase-losstie-vue-par.html<br /> <br /> Thomas.
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