Election présidentielle US: photo avant la dernière ligne droite

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Ce mois d'août a constitué un moment majeur de la campagne présidentielle américaine. Je ne veux pas parler de tournant, car j'ignore le résultat final, mais il faut bien constater que dans cette "campagne" (utilisons le vocabulaire militaire), l'armée McCain a repris l'initiative. Ce qui ne veut pas dire, une fois encore, que cela suffit à la faire gagner (voir ici mes interrogations).

En effet, si le mois de juillet a vu l'Europe sombrer dans l'Obamania, laissant Mc Cain rouler en voiturette de golf avec G. Bush père (deux petits retraités coulant des jours paisibles de riches), le mois d'août sert, objectivement, le républicain.
- L'affaire de Géorgie : le retour de la guerre, pour catastrophique qu'il soit objectivement pour les Etats-Unis (voir ici), a peut-être été commandité par certains cercles washingtoniens (Dick Cheney)(sur l'autonomie décisionnelle aux Etats-Unis, voir ici) : alors, le retour de la guerre favoriserait le point fort de Mc Cain, sa capacité supposée à mener le pays au combat;
- La convention démocrate : en fait, sans surprise. Joe Bidden comme colistier. Un vieux pour tenir la main du petit.
- La convention républicaine, avec deux coups majeurs :
         d'une part, sa suspension à cause du cyclone en Lousiane : magnifique coup de propagande passant par l'abstention plutôt que l'accumulation, et contraste évident avec l'atonie bushienne au moment de Katrina. Avec toutefois une correction : les cyclones rappellent le besoin d'Etat, ce qui sert plutôt objectivment les Démocrates.
         d'autre part, le choix de Sarah Palin, jeune femme qui permet d'introduire le sensationnel, le casting, et de faire pièce à la jeunesse noire d'Obama. En clair, des deux côtés, un vieux blanc et un jeune minoritaire ; à ceci prêt, là encore, que Mc Cain drague sa droite, et paraît éviter le combat au centre de l'échiquier.

Qu'en dire ?
Que j'ai l'impression que cela reste incertain ; que McCain est revenu dans la course, mais que cela ne sufit pas à lui faire prendre l'avantage ; et que sauf erreur, tout se jouera sur des affaires intérieures (économie et social) plutôt que sur l'étranger, même si celui-ci a pris une vraie présence dans la campagne (voir ici).

Olivier Kempf

Publié dans Etats-Unis

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