L’autonomisation des atlantistes

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On ne peut qu’être frappé par l’autonomisation des atlantistes, observée cette année.

En effet, M. Sarkozy comme Mme Merkel avaient, dès leur arrivée au pouvoir, marqué haut et fort leur pro-américanisme. Mme Merkel, dès la Wehrkunde de 2006 ; M. Sarkozy lors de son voyage aux Etats-Unis. Certains ont même parlé de « Sarko l’américain ».

Or, il faut bien constater que leur politique étrangère s’inscrit à contre-jeu de ces dispositions revendiquées.

 

C’est ainsi Mme Merkel qui a mené, lors du sommet allié de Bucarest, le front d’opposition à l’intégration de la Géorgie et de l’Ukraine. Il y avait bien sûr un soutien objectif de Paris, de Rome ou de Madrid, mais c’est bien l’Allemagne qui était en pointe.

 

Quant à M. Sarkozy, il a développé une voie européenne dans les rapports avec la Russie, à la suite de l’affaire géorgienne.

 

A chaque fois, la position américaine n’a pas été suivie par les alliés européens.

 

Et ces deux atlantistes, qui voulaient tant se démarquer de leurs prédécesseurs (MM. Schröder et Chirac), voient se reconstituer l’axe Paris-Berlin-Moscou…. (voir le site www.paris-berlin-moscou.org)

 

Faut-il que la diplomatie américaine soit malhabile ! (car s’il y a eu évolution au Moyen-Orient –voir ici-, la politique européenne reste encore imprécise)

 

Faut-il que des tendances de longue durée (géopolitiques) soient fortes pour s’imposer, nolens volens, aux gouvernements ! Je fais toujours attention à ne pas assimiler la géopolitique à un déterminisme ; mais la houle de l’histoire impose  son mouvement à l’écume du temps.

 

On assiste ainsi à la reconstitution d’un axe franco-allemand, qui avait été fragilisé par ailleurs, notamment à cause de l’UPM.

 

Cet axe est en fait celui du noyau carolingien, puisque l’on remarque le soutien italien et espagnol : ce noyau est bien plus clivant que le théorème rumsfeldien de vieille et de nouvelle Europe.

 

Et que ce noyau carolingien redonne une dynamique européenne, c’est par les temps qui courent plutôt une bonne nouvelle !

 

Olivier Kempf

Publié dans Transatlantique

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