Géopolitologue

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Je croyais m’en être expliqué, mais il semble qu’il faille que je reprécise les choses. La répétition incessante des mêmes mots n’est pas de mon goût, et m’empêchera, entre autres, de faire carrière dans la politique...

 

1/ En effet, certains correspondants continuent de parler de « géopoliticien ». Or, il y a une différence radicale entre le géopolitologue et le géopoliticien.

La même qu’entre un politologue et un politicien. L’un parle, l’autre agit. L’un commente et l’autre fait.

Donc, Staline et Churchill sont des géopoliticiens quand ils dessinent la carte de l’Europe à Potsdam (et non à Yalta, bien sûr, n’en déplaise à cette autre grand géopoliticien De Gaulle).

 

2/ Vous comprenez donc que je ne peux être un géopoliticien, puisque je n’ai jamais tracé frontière.

 

3/ Cette distinction éclairante permet également de distinguer le stratège du stratégiste. Le stratège conduit les armées, quand le stratégiste discute des meilleurs moyens d’obtenir la victoire. Autant dire que dans ce blog, on est clairement stratégiste....

 

N’est-ce pas, je n’ai pas une tête de stratège...

 

Olivier Kempf

Publié dans Géopolitique

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ZI 06/10/2008 20:46

Puisqu'on parle de définition, une question m'obsède.

Qu'est ce qui est spécifique au géopolitique?Qu'est ce qui sépare ses méthodes d'un historien, d'un géographe, d'un économiste ou que sais-je encore?

Imaginons de façon tout à fait hypothétique qu'il existe un cursus universitaire de Geopolitique de la même manière qu'il existe une formation d'historien, de géographe avec ses habitudes, ses méthodes, son "esprit".Est-ce que cela aurait le moindre sens?Qu'est que notre étudiant apprendrais s'il y avait quelque chose apprendre?Ou alors, on est d'abord, historien, géographe, politologue et ensuite geopolitologue?


Vous n'êtes pas obligé de me répondre, une vague indication bibliographique suffirait si vous préférer, mais je serais heureux d'avoir un début de réponse.

OK 06/10/2008 22:56


C'est une excellente question. L'université est assez frileuse, et après avoir étudié la chose il y a une dizaine d'année, a refusé d'ouvrir un cursus spécialisé. Toutefois, il y a pas mal de
masters de géopolitique qui sont ouverts (Marne la Vallée, Sophia, etc...) preuve que ça correspond à un certain besoin.
Il n'y a pas de doctrine encore établie, même s'il y a plein de références. SI vous cherchez une méthode, lire F Thual (de mémoire, "les méthodes de la géopolitique" chez ellispes).
Après, il faut un bagage culturel diversifié : les géographes voient tout par les cartes, les historiens tout par les tendances longues, les militaires tout par le rapport de force, les RI otut par
les textes et les négociations, .... EN fiat, il faut un mélange de tout ça. Et c'est d'ailleurs un des objectifs de ce blog que de se poser, de ci de là, des questions épistémologiques sur la
géopolitique, seul moyen d'établir son sérieux.