Elections au Canada

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On a fait peu attention à la réélection des conservateurs au Canada (voir ici). Or, ce pays du G8 (eh ! oui) avait l’habitude d’être apprécié, géopolitiquement, sous l’angle exclusif de sa place dans le continent nord-Américain, et l’équilibre à trouver entre une fusion totale avec le voisin du sud (d’où le symbole de l’ALENA, association de libre-échange nord américaine, qui a paru comme le début d’un processus) et la place particulière des francophones, auxquels nous autres Français sommes si sensibles, même si le problème est obsolète.

 

Or, il faut voir deux autres facteurs géopolitiques dans le Canada contemporain :

-         tout d’abord, l’investissement en Afghanistan. Le gouvernement Harper a fait campagne pour un retrait en 2011, alors qu’il avait engagé les forces canadiennes sous les auspices de la FIAS, par loyauté otanienne et américaine, et dans la région du sud où le pays a essuyé de grosses pertes. La réélection signe la fin de cet engagement, et une certaine défiance envers le système otanien, quelques soient les protestations d’Ottawa. Il faudra donc suivre avec attention l’évolution stratégique du pays ;

-         d’autant que le deuxième facteur est le regain d’intérêt pour l’Arctique, non seulement à cause de ses éventuelles ressources énergétiques, ou même pour le développement qu’assurerait un passage du nord-ouest : non, simplement pour des questions de « traditionnelle » souveraineté, celle-ci étant contestée par les Américains (s’agit il d’eaux intérieurs ou internationales) que par les Russes (et notamment leur revendication sur la dorsale Lemonossov). Ainsi, le gouvernement canadien vient-il de lancer un vaste programme d’équipement militaire dédié à l’Arctique qui marque bien les nouvelles priorités : non plus l’Atlantique mais le pôle nord.

 

D’ailleurs, la question minoritaire actuelle, au Canada, n’est pas posée par les Québécois, mais par les Inuits : tout un symbole !

 

Olivier Kempf

Publié dans Amérique(s)

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