Crises des libéralismes.

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La crise boursière révèle une remise en question du libéralisme. Ou du moins de ce qu’on a appelé, ces dernières années, le libéralisme.

Son premier modèle est économique. Il affirme que le marché s’autorégule, et qu’une main invisible procure l’harmonie. Il faut donc « laisser faire et laisser passer ».

 

Mais ce libéralisme économique a encouragé le libéralisme politique et le libéralisme des moeurs. Là aussi, il fallait « laisser faire ». Le libéralisme économique a donc accompagné un libéralisme culturel et social, presque libertaire et libertin, pour reprendre une association de mots revendiquée par Philippe Sollers.

 

La question se pose alors : le déclin du libéralisme économique (du moins comme modèle idéologique) va-t-il entraîner le déclin du libéralisme politique et du libéralisme sociétal ? Et l’appel actuel à la régulation va-t-il également s’opérer dans le domaine des mœurs ?

 

Si c’était le cas, la crise de cet automne ne signifierait pas seulement la fin du thatchéro-reaganisme, ce que chacun évoque,  mais aussi la fin de la pensée 68.

 

Olivier Kempf

Publié dans Pensées partielles

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Claudio Pirrone 19/10/2008

Très intéressant. Pour ma part je dirais que c'est la philosophie "libérale" qui a "inventé" le libéralisme économique. Pour exemple, on peut voir le nombre de références que Hayek fait à Kant.

De ce point de vue, on peut même dire que l'approche néo-conservateur est techniquement illibéral. Mais la pensée de 68, pour certains aspects, également.

Alors qui est la poule et qui est l'oeuf ? Si on suit A.Sen, on dirait que la base de tout c'est la liberté. Je commence à penser qu'il a raison.

Le problème est que cette crise ne remet pas en cause l'illibéralisme dominant, voire elle le conforte. A la prochaine crise.