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La crise boursière révèle une remise en question du libéralisme. Ou du moins de ce qu’on a appelé, ces dernières années, le libéralisme.
Son premier modèle est économique. Il affirme que le marché s’autorégule, et qu’une main invisible procure l’harmonie. Il faut donc « laisser faire et laisser passer ».
Mais ce libéralisme économique a encouragé le libéralisme politique et le libéralisme des moeurs. Là aussi, il fallait « laisser faire ». Le libéralisme économique a donc accompagné un libéralisme culturel et social, presque libertaire et libertin, pour reprendre une association de mots revendiquée par Philippe Sollers.
La question se pose alors : le déclin du libéralisme économique (du moins comme modèle idéologique) va-t-il entraîner le déclin du libéralisme politique et du libéralisme sociétal ? Et l’appel actuel à la régulation va-t-il également s’opérer dans le domaine des mœurs ?
Si c’était le cas, la crise de cet automne ne signifierait pas seulement la fin du thatchéro-reaganisme, ce que chacun évoque, mais aussi la fin de la pensée 68.
Olivier Kempf
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