La Tchéquie, cette inconnue

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On recommence à parler de la Tchéquie ces temps ci (voir ici).

Elle a signé avec les Américains le protocole d’installation des radars du bouclier anti-missile américain. Rappelons que ces radars sont la pièce la plus importante du dispositif, car ce sont eux qui peuvent être utilisés contre la Russie.

Cet été, au moment de la guerre de Géorgie, ce n’est pas Prague qui a été le plus en pointe contre Moscou. Certes, elle a dénoncé le fait, par solidarité avec le triangle  de Weimar (Pologne, Tchéquie, Slovaquie et Hongrie : créé en 1991 pour promouvoir l’intégration dans les instances européennes, UE et Otan). Mais l’impression demeure qu’elle est restée en arrière.

En ce moment, elle est dirigée par un président euro-sceptique (Vaclav Klaus), et le pays n’a toujours pas ratifié le traité de Lisbonne (meme si les élections récentes ouvrent la voie à cette ratification). Au point que M. Sarkozy a susurré qu’il poursuivrait bien la présidence de l’euro-groupe, afin de passer l’obstacle et, au-delà, de mettre en place l’embryon d’un gouvernement économique européen.

Bref, la Tchéquie suscite l’intérêt mais aussi une certaine perpléxité.

Dans l’interview cité, il faut extraire ceci : « Paradoxalement, les Tchèques aiment bien les Russes, dont ils considèrent qu’ils ont souffert du système communiste autant qu’eux. Ils n’oublient pas non plus que l’armée rouge les a d’abord libérés des Allemands. Nous sommes en bonne position pour négocier avec les Russes ».

Je trouve ce passage très éclairant, et qui explique les différences de ton entre la Pologne et la Tchéquie. A mesure que le temps passe, la nécessité du triangle de Weimar s’amenuise avec l’apparition d’intérêts géopolitiques nationaux. Et les Tchèques, plus éloignés du géant russe, sont probablement plus à l’aise avec lui que la Pologne. Ce pourrait être l’axe d’un raccommodage entre Paris et Prague.

 

Publié dans Centre de l'Europe

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