Vers un éclatement de l’Ukraine ? la question ruthène

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1/ Chacun connaît la tendance centrifuge de la population russophone installée à l’est et au sud de l’Ukraine (voir mes nombreux billets, dont par exemple celui-ci). Selon cette grille, le pays serait coupé en deux entre une majorité ukrainienne et une importante minorité russe.

En quelque sorte, rien de bien nouveau, et cela rappellerait plusieurs choses :

-         le cas d’autres pays de la région (Estonie notamment, mais aussi Moldavie voire Kazakhstan)

-         l’instrumentalisation par Moscou  de la question des minorités russes, dans une logique d’influence géopolitique (même si certains des Etats concernés peuvent trouver intérêt à attiser cette opposition)

-         la question des minorités allemandes lors de l’entre-deux guerres, dont on connaît les conséquences funestes.

 

2/ Pourtant, l’Ukraine ne peut se résumer à cette seule opposition. On apprend en effet l’émergence d’une question ruthène (voir ici et ici), population située aux confins de l’Ukraine, de la Pologne, de la Slovaquie et de la Hongrie (voir ici pour carte). Et ils réclameraient leur indépendance. Je remarque qu’ils  sont orthodoxes et slavophones, et qu’ils constitueraient la quatrième population « russe ». Bref, on ne peut les assimiler aux Ukrainiens uniates (catholiques) sous influence polonaise de l’ouest de l’Ukraine.

 

3/ Vague mouvement autonomiste comme il en existe tant à travers le monde et donc l’Europe ? ou émergence d’une question plus compliquée, sorte de Kurdes de l’Europe centrale, et qui surtout connecterait des pays de l’UE avec des pays non-UE ?

 

Tel est le risque de cette question ruthène.

 

Olivier Kempf

Publié dans Confins slaves

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