Grossoure-Pascallon : une réponse

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On lira une réponse argumntée à l'article publié hier par H. de Grossouvre et P. Pascallon sur une alliance européeo-russe. Elle est signée Zeus Irae

Quelques objections:
On fait grand cas de la Russie comme puissance mondiale depuis le retour de Poutine.Est-ce vraiment le cas?Le pétrole(au prix très fluctuant) et les exportations d’armements suffisent-ils?

Le point N°1 est sans grand intérêt sans doute.Les évènements géorgiens et la simple réalité géopolitique montrent qu’un arrangement est souhaitable.Il est nul part expliqué sur quelle base cet accord peut être trouvé.Or c’est précisément là que le bas blesse.En effet, nul ne conteste la nécessité d’une coopération avec la Russie, c’est précisément l’objet du partenariat UE-Russie.Ce qui nous intéresse c’est de savoir si la Russie désire ce partenariat( sans doute, mais qui ne rêve pas d’un déjeuner gratuit) et  surtout à quelles conditions.Le coût sera t’il acceptable?Que devrons nous sacrifier?

Sur l’architecture globale de sécurité.Un bref regard sur le mots est interessant.On y vois “de Gaulle”, “Berlin”, “la Russie”.Pas un instant est-il question de ceux pour qui l’enjeu est le plus fondamental car il conditionne leur survie: les pays d’Europe centrale et orientale.Un oubli sans doute, mais qui est très regrettable.Comment bâtir une maison commune dans de telles conditions?On parle beaucoup des intérêts et des craintes de la Russie, fort peu des intérêts de la Pologne et de la République tchèque qui par leurs comportements respectifs peuvent tout aussi sûrement que leurs puissants voisins saborder tout les efforts de coopération.

L’idée d’une Europe dégagée des influences extérieures est assez curieuses.J’ai du mal à comprendre ce que cela signifie.Je suppose que les auteurs veulent dire “dégagée de l’influence américaine”.Mais est-ce vraiment positif?Je comprend tout à fait la nécessité pour les États  de maintenir une balance entre les différents joueurs.Mais quel est l’intérêt dans l’affaire?Pourquoi vouloir exclure un des joueurs?Croient-on que l’intégration européenne sera plus facile dans les USA?Mais ce n’est manifestement pas l’objet de la proposition qui se place nettement dans l’optique de la géopolitique traditionnelle.Ce qui nous amène au dernier point.

Les auteurs  le disent eux mêmes, la Russie est une puissance avec ses intérêts.Au fond, quel est le rapport entre un accord euro-russe(en fait franco-germano-russe) et la “grande Europe…qui demain, après demain, pourrait bouleverser la donne sur la scène internationale”.C’est contradictoire, d’un coté il y a un vibrant appel dans la plus pure tradition réaliste et de l’autre, nous avons la “grande Europe” qui bouleverse l’échiquier mondial, ce qui suppose une intégration et une coopération étroite.Contradictoire car soit nous sommes dans un modèle réaliste traditionnel et par conséquent c’est le jeu des intérêt et de la puissance qui prévaut sans limitation de souveraineté, ou alors nous sommes dans un modèle fédéral donc régie par le droit supposé invariant selon que les acteurs soient riches ou pauvres, puissants ou misérables.

Quelque soit le cas, on ne voit pas le rapport avec la coopération franco-russe.  En effet, dans le premier cas, l’accord paraît dans grand intérêt.Pourquoi vouloir exclure les influences extérieures?Dans le second, c’est rigoureusement impossible puisque les auteurs ont rappeler que la Russie est une puissance autonome.

Voilà, au fond l’objection central.On voit bien l’avantage à une pacification des relations  mais un axe?Quel interêt?Ce n’est jamais vraiment définie.

Voir ici en date du 29 novembre

Olivier Kempf

Publié dans Europe - PESD - PSCD

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Sébastien 07/12/2008 12:42

"L’idée d’une Europe dégagée des influences extérieures est assez curieuses.J’ai du mal à comprendre ce que cela signifie.Je suppose que les auteurs veulent dire “dégagée de l’influence américaine”.Mais est-ce vraiment positif?Je comprend tout à fait la nécessité pour les États de maintenir une balance entre les différents joueurs.Mais quel est l’intérêt dans l’affaire?Pourquoi vouloir exclure un des joueurs?Croient-on que l’intégration européenne sera plus facile dans les USA?"

Votre jugement sent l'idéologie atlantiste à plein nez. Vous êtes-vous jamais posé la question de savoir quels ont été les bénéfices géoéconomiques de notre alignement quasi systématique sur la politique étatsunienne ? Que nous rapporté notre inféodation ? Un accord de défense franco-russe serait une première étape déterminante vers une unification de la masse continentale européenne. Elle suppose évidemment de briser peu à peu notre servitude transtatlantique. Peut-être avez-vous trop fréquenté les états-majors européens et oublié ce que l'intérêt national signifie pour un officier.

OK 07/12/2008 16:22


Cher Sébastien, je ne sais à qui s'adresse votre ire....
Je ne connais pas le profil de Zeus Irae, auteur du billet que vous commentez : j'ignore donc s'il est officier et s'il a servi à l'Otan. Quand bien même ce serait le cas, ce n'est pas forcément
suffisant pour être un atlantiste pur jus : je connais quelques officiers qui servent à l'Otan et sont très rétifs envers l'alliance.
Pour le reste, restons dans le débat d'idées plutôt que les attaques ad hominem ou insinuations. Zeus Irae émet un point de vue, tout aussi respectable que celui de H. de Grossouvre et de P.
PAscallon.
Quant à moi, je ne prends pas parti.
Bien à vous