Guerres régulières et irrégulières

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Une intuition rencontre l'autre...
Joseph évoque iclinki ses intuitions....


Peut-êre avons-nous réagi à la même information de je ne sais plus quel document de doctrine US qui affirme que dorénavant, l'armée doit pouvoir conduire deux types de guerres : régulière et irrégulière.
Nous avons souffert pendant une décennie de la doctrine de Révolution des Affaires militaires, ensuite métamorphosée en Transformation. Excessif, cela va de soi.
Nos subissons en ce moment une intense réflexion stratégique sur les guerres asymétriques, métamorphosées en contre-insurrection. Là aussi, peut-être excessif, et ne voyant pas le développement des achats d'armement à travers le monde.

Ce qui eet intéressant, c'est qu'enfin on cherche à faire l'équilibre. Et le constat tout simple de guerres régulières et irrégulières, dans la platitude de son expression, recouvre une vraie bonne idée.
ANcienne ? c'est là où l'intuition de Joseph montre le chemin de la nouveauté : on va vers une hybridation des deux types de guerre, selon une continuité qui n'a pas encore été pensée.
Cette hybridation renvoie bien sûr aux guerres bâtardes d'Arnaud de La Grange. L'avenir de la pensée stratégique (du XXI° siècle) réside probablement dans cette direction.

Olivier

Publié dans stratégie

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ST 11/12/2008 20:43

Hybridation... Au fond, on a parfois l'impression que le débat NAGL/GENTILE (voir notamment le dernier numéro du Joint Forces Quarterly) est stérile. Bien sur, on peut penser l'expliquer en utilisant les catégories de la sociologie militaire telles que la prégnance de la culture institutionnelle (Gentile en conservateur et Nagl en "maverick") ou encore les réseaux et coalitions se rassemblant autour d'une innovation.
Pour moi, cela apparaît surtout comme la remise en cause d'une typologie peut être inadaptée désormais. En effet, une typologie renvoie surtout à la notion d'idéal type et des comparaisons avec les types réels.
Dans ce cas précis, les "guerres batardes" (ou les guerres hybrides, notion évoquée par Franck HOFFMAN et James MATTIS dans un article de Proceedings en 2005) seraient un bon exemple de types réels à mi-chemin entre deux idéaux-types. A moins que ce ne soit une nouvelle typologie... Quoiqu'il en soit, le débat est important:
PRIMO: car il pose la question des moyens, de la formation (cf. le général LECERF qui fait du bruit en ce moment) et des stratégies adéquates.
SECUNDO: car il montre que la possibilité de la "montée aux extrêmes" est de plus en plus sure, puisque "la guerre en tant qu'institution" (R. GIRARD) disparaît de plus en plus derrière la prolifération des hybrides.
Tiens, d'ailleurs, tant que j'y pense, l'idée d'hybrider ne me déplaît pas: après tout, la "contre-insurrection" a souvent hybridé historiquement le policier et le militaire....
Sur ce, bonne soirée à tous (bonne journée à Thomas si il me lit).
Cordialement
Stéphane TAILLAT

11/12/2008 22:18


Prolifération des hybrides ?
cela signifie-t-il vraiment que la guerre disparaît ? ou plutôt, la guerre comme institution ? : mais alors, il faut expliquer car tout le monde n'a pas lu René Girard.
Ou encore : la guerre comme institution n'a pas toujours freiné la montée aux extrêmes (cf. l'expérience du XX siècel).


Thomas Renard 08/12/2008 23:00

J'avais également réagi rapidement à cette directive (ici: http://lefrontasymetrique.blogspot.com/2008/12/institutionnaliser-la-guerre-irrgulire.html), de même que Stéphane Taillat...
Moi je renvoyais davantage au débat Nagl-Gentile dont j'ai fort ressenti la prégnance lorsque je rencontrais des militaires US.
Quant à l'hybridation des guerres, je pense qu'elle est réelle mais pas nouvelle. J'avais déjà exploré cette question avec Stéphane Taillat dans DSI, et d'autres auteurs ont également déjà abordé le sujet...mais je suis d'accord sur le fait que l'avenir de la pensée stratégique (devrait) se trouver dans la pensée hybride.

OK 10/12/2008 14:44


Tant mieux si nous sommes d'accord sur ls conditions du débat. Pourvu que ça ne tarisse pas le débat.