Micheluzzi : Petra chérie

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Les amateurs de bande dessinée connaissent les écoles belges, américaines, japonaises. On oublie souvent l'école latine. Hugo Pratt en est l'auteur le plus connu, suivi de Manara (qui joue l'unique registre de l'érotisme et manque donc d'intérêt). Giardino est plus confidentiel.
Il y a surtout Micheluzzi, probablement un de mes préférés. Non : le préféré.
Subtil, elliptique, racé, nostalgique,.....



Pour Noël, ma tendre et douce m'a offert le remarquable "Petra chérie" (références ici). L'héroïne a un mélange de classe aristocratique et d'intrépidité,  de valeurs et de maîtrise des relations humaines, de distance et de capacité d'émotion qui en font une figure très attachante et mystérieuse.

Les amateurs du noir et blanc admireront la maîtrise du trait et des masses, dignes d'Hugo Pratt.







Surtout, l'histoire nous emmène à la fin de la première guerre mondiale, du front belge à Venise, du Monténégro au Bosphore, du Caucase à la Caspienne.
Et Micheluzzi, sans jamais sombrer dans la vulgarité qui pourtant menace, devient de plus en plus pessimiste, emmenant peu à peu son héroïne vers un destin de plus en plus sombre, malgré ses efforts pour maintenir une certaine hauteur.

Splendide. A posséder absolument.


Olivier Kempf
 

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