France

Lundi 12 janvier 1 12 /01 /Jan 14:17
Bon, c'est un peu vieux (septembre 2008) mais ça me semble intéressant, à l'heure où la recherche stratégique française bouge pas mal (voir mon billet).

La Compagnie Européenne d'Intelligence Stratégique (http://www.ceis-strat.com) vient d'acquérir un tiers du capital de l'éditeur Aréion (http://www.areion.fr/) qui publie notamment DSI et Diplomatie. (communiqué de presse ici).

Ainsi, on assiste à la mise en place d'acteurs indépendants et privés, très différents des acteurs publics (IHEDN, FRS, ...) ou semi-publics (IFRI, IRIS et consorts).

Cela est une bonne nouvelle, car elle témoigne de la vitalité du secteur, suggérée d'ailleurs par la multiplication des blogs stratégiques.

O. Kempf
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Vendredi 9 janvier 5 09 /01 /Jan 21:36
Conformément à la révision constitutionnelle de cet été (voir mon analyse détaillée ici), le Parlement devrait se saisir dans les prochaines semaines de l'approbation des Opex en cours.
En effet, selon l'article 35 nouveau, "
Le Gouvernement informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l’étranger, au plus tard trois jours après le début de l’intervention. Il précise les objectifs poursuivis. Cette information peut donner lieu à un débat qui n’est suivi d’aucun vote.
« Lorsque la durée de l’intervention excède quatre mois, le Gouvernement soumet sa prolongation à l’autorisation du Parlement. Il peut demander à l’Assemblée nationale de décider en dernier ressort. 
« Si le Parlement n’est pas en session à l’expiration du délai de quatre mois, il se prononce à l’ouverture de la session suivante. »"
Or, la révision datant de juillet, c'est-à-dire il y a plus de quatre mois, il va bien falloir que le parlement se prononce sur les Opex en cours. Ce qui devrait donner lieu à d'intéressants débats.
Pourtant, quand on consulte le site de l'Assemblée Nationale (http://www.assemblee-nationale.fr/agendas/conference-blanc.asp ), rien de ce genre n'est prévu à court terme. Tout juste évoque-t-on la loi organique portant sur les articles 34-1, 39 et 44 : preuve que la révision constitutionnelle a des conséquences sur le travail des assemblées.

Or, l'intérêt des députés pour les "interventions" m'intéresse.... Surtout que ce sera une première.
Il reste une curiosité juridique : le Parlement doit-il approuver tous les quatres mois, ou son approbation vaut-elle une fois pour toutes? ou encore, doit-il approuver chaque modification majeure (et alors, qu'est-ce qu'une modification majeure ?) ?

O. Kempf
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Vendredi 12 décembre 5 12 /12 /Déc 22:30

On taxe N. Sarkozy d’atlantisme forcené, ce que manifesterait sa décision du retour dans l’Otan.

On ne voit pas que sa pratique européenne est plus gaulliste que nature, puisqu’elle cantonne la commission dans un rôle annexe, revient à l’intergouvernemental et pratique une ouverture à l’est en direction de la Russie.

Le moteur est franco-britannique. Comme si était levée la contradiction originelle du général, qui refusait la Grande-Bretagne dans la communauté au motif qu’elle menacerait la cohésion européenne en jouant trop l’intergouvernemental....

L’axe entre Paris et Londres rétablit une pratique gaulliste originelle. Mais M. Sarkozy a toujours prétendu qu’il était plus gaulliste qu’on ne le disait.

Le plus remarquable est que le soutien anglais permet à la France d’utiliser l’Europe comme un multiplicateur de puissance (son projet géopolitique depuis la guerre), tout en revenant dans l’Otan pour concurrencer l’outil anglais de multiplication de puissance.

 

 

O. Kempf

 

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Vendredi 12 décembre 5 12 /12 /Déc 22:18
Voici la chronique de décembre de Jérome, à paraitre dans le casoar de janvier. Encore bravo.

@

L’hiver arrive et peut laisser entrevoir une certaine accalmie dans les combats en Afghanistan. Il serait cependant illusoire de croire que la mauvaise saison éloignera ce théâtre de l’actualité. En fait, cela permettra juste aux groupes armés de reconstituer leur logistique et de se préparer pour repartir de plus belle au printemps. La question afghane reste plus que jamais présente sur l’agenda international en ce début 2009. L’OTAN devra sérieusement réfléchir à sa stratégie sachant que la victoire militaire semble désormais impossible.

La Chine a procédé cet automne à son troisième vol spatial habité confirmant son ambition dans la conquête spatiale. Sa prochaine mission est envisagée en 2010 avec le début de l’assemblage d’une petite station orbitale. Cette politique traduit la volonté de Pékin d’être un acteur de tout premier ordre et de montrer que le pays maîtrise désormais les technologies les plus complexes. C’est ainsi que devrait débuter la formation des cinquante premiers pilotes pour les futurs porte-avions chinois pour une durée de quatre ans. Il faut cependant rester prudent car jusqu’à présent la marine chinoise n’est pas en mesure de faire naviguer le porte-avions qu’elle avait racheté à Moscou.

Le Soudan a confirmé l’achat de douze avions de combat Mig 29 à la Russie. Aujourd’hui, Khartoum serait en mesure d’aligner une dizaine de Mig 29 acquis en 2004. Cette capacité aérienne n’est pas sans inquiéter d’autant plus que la mission Eufor Tchad doit s’achever au printemps et que la stabilité n’est toujours pas garantie dans la province du Darfour.

Al’Est du continent africain, l’Ethiopie n’est pas parvenue à stabiliser la Somalie et s’apprête à retirer ses troupes.

Le cœur de l’Afrique reste toujours très conflictuelle avec la poussée des troupes rebelles en République démocratique du Congo. La mission de l’ONU semble largement dépassée et incapable de séparer les adversaires tandis que l’Union européenne n’est pas parvenue à un accord commun sur l’envoi d’un « battle group », faute d’une réelle volonté politique.

Défense dans le monde

Israël

La Tunisie va recevoir 5 hélicoptères Gazelle prélevés sur les stocks de l’ALAT et qui seront rénovés par Eurocopter.

Malgré un accident meurtrier sur un sous-marin nucléaire d’attaque en phase d’essais et destiné à être loué à l’Inde, la Russie poursuit la rénovation de ses forces avec plusieurs tests de missiles intercontinentaux effectués à l’automne dont un tir à plus de 11500 km. Dernièrement, un navire russe a franchi le canal de Panama, ce qui n’avait plus été fait depuis 1944. Les forces armées russes doivent par ailleurs s’engager dans une réforme très profonde. D’ici 2012, une réduction des effectifs est prévue avec la suppression de 130000 postes pour atteindre un format d’un million de soldats. Le nombre des officiers supérieurs sera ainsi réduit drastiquement alors que les officiers subalternes seront plus nombreux afin d’améliorer l’encadrement des unités. Ces restructurations semblent assez mal vécues de l’intérieur, en particulier pour l’aviation avec le retrait de très nombreux avions souvent obsolètes. Cela n’a cependant pas empêché Moscou de déployer deux bombardiers stratégiques TU 160 jusqu’au Vénézuela, qui remplace désormais Cuba dans la stratégie russe. Cuba a en effet refusé son espace aérien aux avions russes, traduisant une inflexion majeure dans sa politique étrangère. Il n’est pas exclu que l’arrivée de l’administration Obama permette enfin l’ouverture que les Cubains attendent désormais avec impatience.

Le Brésil a acheté 12 hélicoptères de combat MI-35 à la Russie. Ces appareils auront un système de vol israélien. Le MI 35 est déjà en service dans la région avec justement le Vénézuela. Simultanément, Brasilia devrait acquérir quatre sous-marins du type franco-espagnol Scorpène et poursuivre son programme de sous-marin nucléaire d’attaque avec l’aide de la France. L’objectif serait une mise en service d’ici 12 ans avec un budget annuel de 250 millions de dollars.

Le second sous-marin du type Scorpène destiné à la Malaisie a été lancé en octobre.

Londres prépare son retrait d’Irak pour le début de la nouvelle année afin de renforcer son dispositif en Afghanistan. Des troupes britanniques resteront cependant sur le territoire irakien pour continuer le travail de formation de l’armée de Bagdad.

Etats-Unis

Le budget 2009 sera de 488 milliards de dollars, soit une augmentation de 6,1% par rapport à 2008. Cette somme ne couvre pas d’ailleurs le coût des opérations en Irak et en Afghanistan, budgétées à part. Au total, les dépenses militaires américaines représenteraient 48 % des dépenses de défense dans le monde. Certains programmes feront cependant l’objet de l’arbitrage de la nouvel administration Obama, en particulier dans le domaine aéronautique avec 2 avions sur la sellette, le chasseur F22 et l’avion de transport C17. A l’inverse, les effectifs de l’Army et du Marines corps devraient augmenter ainsi que les soldes.

La première générale « quatre étoiles » - c'est-à-dire cinq étoiles françaises- a été promue et a pris la direction de l’Army Material Command.

L’US Army a retiré 24 hélicoptères de combat Apache de Corée du Sud pour les redéployer sur les théâtres afghans et irakiens. Néammoins, la réduction des troupes en Irak devrait bien débuter en février avec le retrait d’une brigade de 3500 hommes. 152 000 soldats y sont actuellement engagés.

L’avion de combat F 18 fête les trente ans de son premier vol. Il est aujourd’hui le fer de lance de l’US Navy et devrait rester en service jusqu’en 2030. Par contre, l’US Navy a retiré du service ses avions d’entraînement T2 Buckeye qui étaient en ligne depuis 1959.

La diminution des commandes d’avions se traduit par un vieillissement de la flotte aérienne de l’US Air Force avec une moyenne d’âge de 24 ans, ce qui n’avait plus été le cas depuis 61 ans.

L’US Navy a désigné Northrop Grumman comme constructeur du premier porte-avions de la nouvelle classe Gerald R.Ford avec un budget de 5,1 milliards de dollars. Ce navire aura un déplacement de 100000 tonnes pour une longueur de 332 mètres. Il entrera en service en 2016 et aura une durée de vie prévue de 50 ans.

 

Défense en France

Après la présentation de la RGPP – la révision générale des politiques publiques- au printemps de cette année, après la publication du Livre Blanc présenté le 17 juin par le Président de la République, après l’annonce des restructurations avec la Carte militaire, le projet de Loi de Programmation Militaire (LPM) 2009-2014 a été annoncé fin octobre et sera bientôt présenté au Parlement. La route est donc désormais bien balisée pour la décennie à venir, voire pour la suivante. Il reste maintenant aux armées à mettre en œuvre l’ensemble de ces projets tout en continuant à assurer toutes les missions opérationnelles et en veillant à garder la cohérence entre systèmes de forces et systèmes d’hommes et de femmes, militaires et civils. Le challenge est immense et ne sera réussi qu’avec l’engagement de toutes les forces de la Nation.

La LPM est ambitieuse tout en faisant preuve de réalisme, avec l’accent mis sur les nouvelles menaces comme le risque NRBC, la sécurité des systèmes d’information ou la prolifération balistique. Dans tous les cas, la coopération militaro-civile sera renforcée en vue de réagir avec efficacité en cas d’incidents majeurs.

Le plan de charge ainsi proposé permettra également le maintien des capacités des bureaux d’études, ce qui est indispensable pour préparer l’avenir. Dans ce cadre, la LPM prévoit une prise de décision sur le deuxième porte-avions d’ici 2011-2012. D’ici là, un nouveau projet devrait être élaboré avec la réouverture du débat sur la propulsion, classique ou nucléaire. Cette dernière option se justifie avec un baril à 200 dollars. Or, cet été, le baril avait atteint 155 dollars pour s’effondrer cet automne à 40 dollars. Ce sont donc des choix difficiles d’autant plus qu’il faut raisonner sur un navire qui entrerait en service autour de 2020 et dont la durée de vie atteindra 40 ans, c’est-à-dire au-delà de 2050.

La nouvelle base déployée aux Emirats Arabes Unis, la BA 104, a été créée le premier septembre et dispose désormais de trois avions de combat Mirage 2000 ainsi que d’un avion ravitailleur C 135. La marine et l’armée de terre sont également concernées par cette nouvelle implantation hors métropole.

Le 13 novembre, la DGA a procédé au troisième tir d’essai du missile à têtes nucléaires M 51. Ce test a été effectué à Biscarosse depuis un bassin de plus de 50 mètres de profondeur. Ce M51 a volé pendant une vingtaine de minutes vers l’Atlantique. Le premier tir avait eu lieu le 9 novembre 2006. Le tir de synthèse devrait avoir lieu cette année avant l’admission au service actif du SNLE Terrible à la mi-2010. Il faut souligner que la vidéo –spectaculaire- de ce test a été mise en ligne par la DGA sur Internet. La transparence et la communication participent de fait au principe de dissuasion.

Les trois autres SNLE seront alors modernisés avec le remplacement de l’actuel missile M 45 par le nouveau M 51. Ce chantier durera une décennie.

Le cours de génie atomique vient de fêter ses cinquante ans à l’Ecole des applications militaires de l’énergie atomique.

Armée de terre

Pour l’armée de terre, de nouveaux programmes vont être lancés notamment pour remplacer les VAB avec une nouvelle génération de Véhicule Blindé Multirôle (VBMR) à partir de 2015 et un successeur à l’AMX 10 RC, l’Engin blindé de reconnaissance de combat (EBRC) à partir de 2018. Ces échéances peuvent sembler lointaines mais elles ont le mérite de fixer désormais un calendrier.

Par ailleurs, le renouvellement des équipements terrestres – tant attendu- est désormais une réalité avec les premières livraisons des VBCI, des canons Caesar avec 8 systèmes d’ici décembre et la poursuite de la mise en place des hélicoptères Tigre au 5° RHC de Pau. Il est d’ailleurs envisagé de mettre en place un premier détachement de 3 hélicoptères Tigre en Afghanistan à partir du mois de mars 2009, ce qui constituerait le premier emploi opérationnel de l’appareil franco-allemand. Les trois Tigre renforceront les deux Gazelle mises en place à la suite de l’embuscade d’Uzbin.

Dans ce même cadre, Eurocopter a livré le premier hélicoptère Colibri destiné à la société Helidax qui doit assurer à partir de l’année prochaine la formation de tous les pilotes de la Défense à Dax au sein de l’Ecole d’Application de l’ALAT. 30 Colibri assureront le remplacement des Gazelle.

En 2009, l’armée de terre devrait également recevoir 96 VBCI, 44 VBL, 34 canons Caesar et 132 PVP, ainsi que 8 hélicoptères Tigre.

Le 61° RA de Chaumont a déployé une section de drone SDTI en Afghanistan. Le SDTI a également été engagé au Kosovo. Il dispose d’une autonomie d’environ 2 à 3 heures de vol et met en œuvre une transmission de données en temps réel. 6 engins ont été envoyés à Kaboul et le premier engin a été utilisé à partir du 9 novembre. Les premiers canons Caesar du 68° RA pourraient d’ailleurs y être projetés tandis que les VBCI pourraient faire leur apparition au Liban.

Marine nationale

Le porte-avions Charles de Gaulle a repris la mer après 17 mois de rénovation lourde dont le changement du cœur nucléaire. Sa pleine capacité opérationnelle sera retrouvée en mars 2009 avec son groupe aéronaval, qui a poursuivi son entraînement notamment aux Etats-Unis.

La Jeanne d’Arc entame son avant dernière campagne avant son retrait du service en 2010, tandis que le navire atelier Jules Verne s’apprête à être désarmé en 2010.

Les essais d’un catamaran, le L-CAT, devraient débuter à Toulon afin de remplacer l’actuelle batellerie des navires amphibies. Le L-CAT a été construit à La Rochelle et mesure 30 mètres de long pour un déplacement de 300 tonnes. Sa conception change radicalement des concepts actuels qui dataient de la seconde guerre mondiale.

 

Armée de l’air

La maintenance des 14 avions de transport a été renouvelée pour dix ans auprès de la société Ogma.

La déflation du parc des Transall est en cours avec le retrait annuel de 4 appareils, malgré les retards accumulés pour l’A 400M.

Singapour

Trois drones SIDM seraient déployés à partir de janvier en Afghanistan. Le SIDM est un drone capable de voler à haute altitude. Trois avions Rafale pourraient également y être à nouveau engagés en février pour relever les Mirage 2000.

Les fusiliers commandos de l’air vont connaître une très forte déflation avec un millier d’emplois supprimés sur 4500 et le recours à d’autres systèmes de garde dont l’externalisation au secteur privé avec des vigiles.

En 2009, 14 Rafale devraient être livrés ainsi que 2 Transall C 160 Gabriel destinés à la guerre électronique.

Gendarmerie

Il n’y aura pas de nouveaux hélicoptères commandés au budget 2009 alors que 25 engins sont prévus pour renforcer le parc actuel.

Par ailleurs, le ministère de la défense aurait refusé de financer l’achat de 92 véhicules blindés destinés à remplacer les vénérables VBRG, en raison du passage de la gendarmerie sous la tutelle du ministère de l’intérieur à partir du premier janvier.

4 écoles de formation devraient fermer d’ici l’été prochain. Montargis, Le Mans, Chatellerault et Libourne perdraient alors définitivement leurs dernières implantations militaires.

Depuis cet automne, 45 gendarmes sont déployés en Géorgie dans le cadre d’une mission d’observation de l’Union européenne mandatée à la suite de la guerre de cet été avec 200 personnels au début. L’armée de terre a fourni les véhicules, les tous nouveaux Petits Véhicules Protégés (PVP) qui ont été repeints en bleu à cette occasion.

Service de santé

Un nouveau Laboratoire d’analyses de surveillance et d’expertise de la marine (LASEM) devrait voir le jour à Brest en 2011 tandis que les études démarrent pour celui de Toulon.

Un centre de chirurgie réfractive vient d’être ouvert à l’Hôpital d’Instruction des Armées Percy à Clamart permettant des corrections ophtalmologiques par laser. Cette installation est sans équivalent dans les armées européennes.

Défense européenne

L’OTAN va recevoir au printemps le premier de ses trois avions de transport stratégique Boeing C 17. Cette flotte devrait permettre d’accroître la capacité de transport de l’Alliance avec une mise en commun d’une ressource essentielle, en particulier pour le soutien en Afghanistan. 12 pays de l’Alliance sont partenaires de ce programme avec la création d’une nouvelle agence, la Nato Airlift Management Organisation (NAMO). Les C 17 seront basés en Hongrie et l’unité sera commandée par un officier américain. La France ne participera pas à la NAMO.

Simultanément, l’Union européenne envisage, à l’horizon 2014, de constituer une Flotte européenne de transport stratégique pour mettre en œuvre et en commun les futurs A 400M, ainsi que les avions actuels comme les C 130 Hercules et les Casa CN 235.

L’Allemagne a déclaré « pleinement opérationnel » son système de cinq satellites d’observation radar Sar Lupe 5 qui sera disponible pour les forces. Ce programme a été lancé en 2001 et est complémentaire des satellites Helios 2. Le budget 2009 de la défense devrait atteindre 31,1 milliards d’euros dont 5,14 consacrés aux investissements.

L’Espagne connaît des difficultés dans la construction de ses sous-marins S 80, clones américanisés des Scorpène. Le retard est évalué à deux ans avec une mise en service qui était prévue initialement en 2011. Il faudra par ailleurs voir les répercussions sur ce projet avec la baisse drastique du budget de la défense en 2009 qui perdra 3% par rapport à 2009 pour atteindre 8,24 milliards d’euros, soit 0,85% du PIB. C’est de plus la plus forte réduction par rapport aux autres ministères.

A l’inverse, la Pologne va augmenter son budget militaire de 8,8% en 2009 pour atteindre le montant de 9 milliards de dollars. En 2010, les forces armées polonaises seront toutes professionnelles.

A la fin octobre, l’avion Rafale a effectué des essais approfondis en Suisse dans le cadre du programme de remplacement des 54 vénérables F5. L’avion français est en concurrence avec l’Eurofighter et le Gripen suédois qui a été testé au mois de novembre et le résultat de la compétition qui sera dévoilé à la mi-juillet sera déterminant pour l’avenir de l’avion français. En vingt ans, la flotte d’avions de combat suisses est passée de 450 à 90 appareils. La commande prévue ne dépassera cependant pas 25 avions.

Cet automne apporte cependant des inquiétudes pour un programme majeur pour la France et nos partenaires européens avec la débâcle des essais de l’avion de transport A 400M. Début novembre, le constructeur européen EADS a été obligé de « ralentir » la chaîne d’assemblage installée à Séville. 4 cellules sont construites mais les essais en vol du moteur installé sur un Hercules C 130 n’ont toujours pas débuté. Aucune date n’est désormais fixée pour le premier vol du prototype, en espérant qu’il ait lieu en 2009, ce qui induit de facto des retards majeurs pour les livraisons aux armées de l’air qui commenceraient au mieux au premier semestre 2011. Pour le moment, le retard accumulé serait de trois ans. Chaque nation concernée s’efforce de trouver des solutions palliatives. Le Royaume-Uni envisage ainsi de louer un Boeing C 17 supplémentaire.

Londres envisagerait de retarder la construction de ses futurs deux porte-avions CVF avec un décalage de 12 mois pour le premier qui entrerait alors en service en 2015 et 24 pour le deuxième avec 2018 comme date de livraison. Cela pourrait alors relancer les projets communs avec Paris sur le PA2. Il n’est pas non plus exclu une réduction du format de la Royal Navy avec notamment le passage de 11 à 7 SNA et de 32 frégates à 15. Ainsi, le SNA Superb vient d’être retiré du service après trente ans de navigation.

 

La fin de la présidence française de l’Union européenne approche désormais et dans le domaine de la défense, des progrès ont été faits avec notamment le projet de flotte commune d’avions A 400 M (lorsqu’il parviendra à voler !), un Erasmus militaire pour la formation des officiers (mécanisme déjà en grande partie mis en place), ou encore une capacité de déminage maritime européenne. Ces propositions sont des étapes intéressantes mais qui ne remettent pas en cause le périmètre des responsabilités de l’OTAN qui reste la grande organisation militaire. Le sommet de son soixantième anniversaire sera d’ailleurs organisé entre Strasbourg, Kehl et Baden Baden début avril. Ce sera d’ailleurs le premier contact de l’OTAN avec le président américain Barack Obama.

En effet, les élections américaines du 4 novembre étaient attendues avec impatience par la planète tout entière avec des raisons différentes et très souvent antagonistes d’un pays à l’autre. Comme dénominateur commun, l’administration Bush, après huit ans de politique étrangère unilatérale, avait fait l’unanimité contre elle. L’élection du président Obama ne doit cependant pas être perçue comme un changement de cap complet de la politique extérieure de Washington. Il y aura des ajustements avec en particulier le début du retrait américain d’Irak prévu d’ici 2011 mais l’augmentation de l’effort en Afghanistan et une pression accrue sur le Pakistan. Il y aura certainement plus de dialogues mais les intérêts américains seront toujours la priorité de la nouvelle administration.

De plus, la crise financière déclenchée cet été puis économique bouleverse désormais l’environnement international. Les cours des matières premières se sont effondrés, mettant fin à la bulle spéculative, sans pour autant signifier l’assainissement du marché. Les conséquences stratégiques de la crise de cet automne devront être analysées avec précision et précaution dans les mois à venir. Les excédents de revenus des pays producteurs sont en train de fondre et impacteront directement les carnets de commande des pays occidentaux. La priorité ne sera pas dans la construction de paquebots de luxe ou dans l’immobilier de loisirs.

Les dernières semaines ont été marquées par une recrudescence spectaculaire de la piraterie maritime dans deux zones du globe, le golfe de Guinée où les exploitations pétrolières off shore constituent des proies faciles et le large de la Somalie où les pirates n’hésitent plus à s’emparer de navires importants. L’Union européenne vient d’ailleurs d’engager pour la première fois une opération navale – Atalanta- visant à protéger le trafic maritime international et qui sera commandée par un officier britannique mais des difficultés juridiques subsistent sur le devenir des pirates éventuellement capturés avec la définition de l’autorité juridique habilitée à les juger. Au 18° siècle, et jusqu’au milieu du 19°, les marines françaises et britanniques luttaient déjà contre la piraterie. Les « barbaresques » ou les pirates des Caraïbes savaient alors quel serait leur destin en cas de capture. Cependant, face à des pirates disposant de navires rapides, les marines européennes vont devoir déployer des moyens pas forcément adaptés et surtout, ce type d’opération va s’inscrire dans la très longue durée, tant que l’Etat somalien ne se soit pas rétabli. La tâche risque donc d’être ingrate mais elle est indispensable pour garantir la sécurité maritime.

Cet hiver est donc plein d’incertitudes stratégiques alimentées par une crise économique aux conséquences encore inconnues. Seule certitude, l’arrivée de la nouvelle administration Obama permettra aux Etats-Unis de pouvoir d’ici à quelques semaines relancer leur politique étrangère et économique. Il est à souhaiter qu’un meilleur dialogue entre les deux rives de l’Atlantique puisse amener la sérénité indispensable pour que la crise économique ne se transforme en affrontements violents et n’exacerbe les nationalismes vindicatifs.

Le plan de relance de l’économie française présenté début décembre comporte un volet « investissement de défense » avec 1,4 milliards d’euros à engager d’ici 2010. Cela pourrait permettre d’accélérer la production des VBCI, des hélicoptères Tigre et des PVP. La construction d’un troisième Bâtiment de Projection et de Commandement (BPC) est également mentionnée alors que celui-ci n’était pas prévu dans la prochaine Loi de programmation militaire. Ce troisième BPC pourrait alors s’appeler Jeanne d’Arc.

Jérôme PELLISTRANDI

 

a fêté en novembre 10 ans de présence sur la base de Cazaux, dans les Landes où sont formés chaque année une douzaine de pilotes.pourrait être le premier pays à mettre en œuvre le nouvel avion de combat JSF développé par les Etats-Unis et qui doit également équiper le Royaume-Uni, les Pays-Bas et d’autres pays européens. Les besoins israéliens sont estimés à 75 appareils et l’administration Bush souhaiterait boucler les négociations avant son départ en janvier.
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Vendredi 5 décembre 5 05 /12 /Déc 23:30

En matière d’Opex, l’année 2009 devrait constituer, pour la France, la première étape du desserrement de l’étau dans lequel elle s’était placée.

 

1/ En effet, elle avait créé trois théâtres majeurs en trois ans : Liban à l’été 2006, Tchad à l’hiver 2007, Afghanistan au printemps 2008. Dans ce dernier cas, l’augmentation de 700 hommes faisait franchir à l’effectif engagé la barre des 2000 hommes, celle qui usuellement détermine la notion de théâtre majeur. Or, ces trois théâtres s’ajoutaient au Kossovo et à la Côte d’Ivoire où notre engagement était encalminé faute de solution politique ; et ces nouveaux théâtres furent de plus en plus éloignés, avec donc une contrainte logistique croissante due d’abord à la géographie.

Est-il besoin d’expliquer que cette sur-expansion (overstretching, cf. Paul Kennedy) provoque sur le terrain des difficultés énormes. Enorme est un mot faible, et la pudeur m’impose de ne pas décrire les abîmes que nous avons touchés à certains endroits. Comme disait un de mes amis : « la France, c’est les ambitions des Etats-Unis avec les moyens du Burundi ».

 

Car la plus belle fille ne peut donner que ce qu’elle a. Et trop, c’est trop. En cette fin 2008, chacun en est bien conscient. Or, 2009 devrait permettre de desserrer l’étreinte opérationnelle.

 

2/ Bien sûr, il y a cette « revue des Opex » dont l’Express nous apprend qu’elle vient d’être lancée. L’hebdomadaire ne voit que l’angle financier, sans apercevoir les aspects opérationnels, et au-delà, géopolitiques.

Mars attaque, dans un billet inspiré, suggère une bascule de LICORNE vers l’Afghanistan. Il y a de l’idée, mais on peut affiner, s’il me permet. Raisonnons, donc.

 

3/ Tout d’abord, le déploiement d’Eulex au Kossovo dès décembre (voir mon billet) est une excellentissime nouvelle : non seulement pour l’Otan qui va pouvoir lancer la « posture dissuasive », mais aussi pour la France qui va enfin pouvoir retirer des troupes. Oh ! on en laissera, mais on choisira lesquelles…..

 

4/ Le Liban devrait aussi être dans le collimateur, selon l’Express. Rapatrier les chars Leclerc serait une idée, surtout qu’on pariera sur l’apaisement avec la Syrie et les élections législatives à venir. Toutefois, tout dépendra de la stratégie d’Obama au Proche-Orient. Disons que le Liban est une possibilité.

 

5/ L’EUFOR Tchad passera le témoin à la MINURCAT II à compter du 15 mars 2009, selon le calendrier établi. Il semble que les négociations entre l’UE et les NU visent à réétiqueter un maximum de troupes européennes en troupes onusiennes (voir mon billet ici) ; il semble aussi que la France veuille en profiter pour retirer un certain nombre de troupes. Outre la raison opérationnelle (diminuer le dispositif engagé), il s’agit également de mettre en œuvre les conclusions du Livre Blanc qui prône un désengagement du dispositif africain : le Tchad serait de ce point de vue la première opportunité de cette évolution, et le retrait partiel de la mission internationale en serait la première marche. Surtout, cela validerait a posteriori nos protestations d’innocence, lors du montage de la mission, lorsque Paris n’avait cessé de clamer qu’elle ne défendait pas ses intérêts.  En se retirant dès la fin de la mission, Paris prouve sa bonne foi….

 

6/ Même si l’évolution politique traîne en RCI, il est probable que les élections se tiendront finalement en 2009, à l’usure. Ce sera donc l’occasion du désengagement de Licorne, annoncé par « mars attaque ».

 

7/ Tous ces désengagements ont un grand avantage, ils permettent aux planificateurs de choisir ce qu’ils retirent à tel endroit (parce que ça fait défaut ou qu’il faut reprendre l’entraînement) et ce qu’on peut réinjecter ailleurs : logistique, moyens de commandement, ALAT, génie, drones, mêlée, santé, avions,….

 

8/ Et l’Afghanistan, dans tout ça ? On sait qu’on va bientôt transmettre la responsabilité de la province de Kaboul à l’ANA : voilà donc bientôt un bataillon de libéré. Va-t-on le rapatrier ?

 

9/ C’est là où intervient la géopolitique. Et le raisonnement.

Donc, nous, Européens, n’avons cessé de pester pendant huit ans contre l’unilatéralisme de G. Bush, et appelé de nos vœux un apôtre de la discussion à Washington. En voilà un : B. Obama.

Nous, Français, ne cessons de dire depuis l’élection de M. Sarkozy qu’on rejoindra l’Otan si plus d’Europe et si… et si… Or, en cette fin de PFUE, qui doute qu’il y a eu de miraculeux développements en matière de PESD ? voyez l’affaire de Géorgie, voyez Atalante, voyez…. Bref, on va donc annoncer au sommet de Strasbourg-Kehl que nous revenons dans l’OTAN.

Oui, mais…

Les choses ne sont pas aussi simples.

Avant-hier, à la réunion des MD de l’alliance à Bruxelles, on a bien sûr refusé l’entrée de l’Ukraine et de la Géorgie dans l’Otan, mais on a fermé la porte à toutes les subtilités mises au point par Condie Rice pour sauver la face. On a humilié G. Bush jusqu’au bout. Or, accessoirement, il est président des Etats-Unis, et malgré le spoil system, il y a des professionnels qui vont rester en place et qui n’ont pas apprécié la mauvaise manière fait à leur pays. L’un s’appelle R. Gates, d’ailleurs. Ils vont vouloir que nous changions d’attitude.

Déjà, le nouveau président a annoncé ce qu’il va faire : reporter l’effort sur l’Afghanistan (voir mon billet d’août ici) et demander aux Européens de l’aider.

Déjà, les dirigeants Britanniques annoncent qu’ils réfléchissent à un renforcement de leur engagement, alors que la hiérarchie militaire est vent debout contre et ne cesse de susurrer qu’on perd la guerre. Déjà, l’Allemagne parle de Tornado. Bref, les bons élèves otaniens donnent déjà des gages.

 

10/ Oui, vous me voyez venir. Des gages pour conserver leurs places dans la structure. Des places justement fort convoitées par les Français, en échange de leur retour. Mais leur retour, aujourd’hui, n’est pas grand chose d’un simple point de vue diplomatique. Il faudra mettre autre chose sur la table.

Par exemple, des forces en Afghanistan. Mettons que vous arriviez en disant « je maintiens le deuxième bataillon que j’ai sur place et j’en ajoute un troisième », je suis sûr que vous êtes bien vu. Parce que ça signifie que vous pouvez prendre un secteur. Et que dans la négociation qui s’engage en ce moment (pourquoi avoir mis J. Jones, francophile et otanien ? voir mon billet), c’est le genre d’argument qui peut faire mouche pour obtenir des places d’influence. Pas de secteur (afghan), pas de place (à l’Otan) !

Mais pour pouvoir le dire, il faut avoir ce troisième bataillon. Or, si vous désengagez partout ailleurs, vous pouvez le dire, et vous gagnez en même temps le bénéfice opérationnel de la concentration des efforts. Bref, un coup gagnant à la fois sur le plan diplomatique et sur le plan opérationnel.

 

11/ Je suis sûr que du côté du Canada (qui a annoncé qu’il se retirait en 2011), on goûte beaucoup un tel discours. Par contre, à Berlin, à l’aube d’une année électorale et alors que l’engagement en Afghanistan risque de devenir rapidement l’objet d’un clivage politique majeur, ce n’est pas une bonne nouvelle.

 

O. Kempf

 

 

 

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Mercredi 19 novembre 3 19 /11 /Nov 23:01

Comme chaque mois, je publie la chronique mensuelle de Jérôm Pellistrandi.

Après la présentation de la RGPP – la révision générale des politiques publiques- au printemps de cette année, après la publication du Livre Blanc présenté le 17 juin par le Président de la République, après l’annonce des restructurations avec la Carte militaire, le projet de Loi de Programmation Militaire (LPM) 2009-2014 a été annoncé fin octobre et sera bientôt présenté au Parlement. La route est donc désormais bien balisée pour la décennie à venir, voire pour la suivante. Il reste maintenant aux armées à mettre en œuvre l’ensemble de ces projets tout en continuant à assurer toutes les missions opérationnelles et en veillant à garder la cohérence entre systèmes de forces et systèmes d’hommes et de femmes, militaires et civils. Le challenge est immense et ne sera réussi qu’avec l’engagement de toutes les forces de la Nation.

La LPM est ambitieuse tout en faisant preuve de réalisme, avec l’accent mis sur les nouvelles menaces comme le risque NRBC, la sécurité des systèmes d’information ou la prolifération balistique. Dans tous les cas, la coopération militaro-civile sera renforcée en vue de réagir avec efficacité en cas d’incidents majeurs.

Le plan de charge ainsi proposé permettra également le maintien des capacités des bureaux d’études, ce qui est indispensable pour préparer l’avenir. Dans ce cadre, la LPM prévoit une prise de décision sur le deuxième porte-avions d’ici 2011-2012. D’ici là, un nouveau projet devrait être élaboré avec la réouverture du débat sur la propulsion, classique ou nucléaire. Cette dernière option se justifie avec un baril à 200 dollars. Or, cet été, le baril avait atteint 155 dollars pour s’effondrer cet automne à 51 dollars. Ce sont donc des choix difficiles d’autant plus qu’il faut raisonner sur un navire qui entrerait en service autour de 2020 et dont la durée de vie atteindra 40 ans, c’est-à-dire au-delà de 2050.

Pour l’armée de terre, de nouveaux programmes vont être lancés notamment pour remplacer les VAB avec une nouvelle génération de Véhicule Blindé Multirôle (VBMR) à partir de 2015 et un successeur à l’AMX 10 RC, l’Engin blindé de reconnaissance de combat (EBRC) à partir de 2018. Ces échéances peuvent sembler lointaines mais elles ont le mérite de fixer désormais un calendrier.

Par ailleurs, le renouvellement des équipements terrestres – tant attendu- est désormais une réalité avec les premières livraisons des VBCI, des canons Caesar avec 8 systèmes d’ici décembre et la poursuite de la mise en place des hélicoptères Tigre au 5° RHC de Pau. Il est d’ailleurs envisagé de mettre en place un premier détachement de 3 hélicoptères Tigre en Afghanistan à partir du mois de mars 2009, ce qui constituerait le premier emploi opérationnel de l’appareil franco-allemand.

Dans ce même cadre, Eurocopter a livré le premier hélicoptère Colibri destiné à la société Helidax qui doit assurer à partir de l’année prochaine la formation de tous les pilotes de la Défense à Dax au sein de l’Ecole d’Application de l’ALAT. 30 Colibri assureront le remplacement des Gazelle.

La dissuasion nucléaire reste au cœur de la défense française. Ainsi, le troisième tir du missile M 51 effectué à la mi-novembre, à partir d’un caisson immergé dans une piscine de 50 mètres de profondeur au Centre d’essais des Landes, marque un jalon important dans le déroulement de ce programme majeur. Les missiles M 51 seront installés à bord du SNLE Terrible dont l’admission au service actif est prévue en 2010. Les trois autres SNLE-NG seront à leur tour dotés du M 51 après 2010. Il faut souligner que la vidéo –spectaculaire- de ce test a été mise en ligne par la DGA sur Internet. La transparence et la communication participent de fait au principe de dissuasion.

Le porte-avions Charles de Gaulle a repris la mer après 17 mois de rénovation lourde dont le changement du cœur nucléaire. Sa pleine capacité opérationnelle sera retrouvée en mars 2009 avec son groupe aéronaval, qui a poursuivi son entraînement notamment aux Etats-Unis.

A la fin octobre, l’avion Rafale a effectué des essais approfondis en Suisse dans le cadre du programme de remplacement des vénérables F5. L’avion français est en concurrence avec l’Eurofighter et le Gripen suédois et le résultat de la compétition sera déterminant pour l’avenir de l’avion français.

Cet automne apporte cependant des inquiétudes pour un programme majeur pour la France et nos partenaires européens avec la débâcle des essais de l’avion de transport A 400M. Début novembre, le constructeur européen EADS a été obligé de « ralentir » la chaîne d’assemblage installée à Séville. 4 cellules sont construites mais les essais en vol du moteur installé sur un Hercules C 130 n’ont toujours pas débuté. Aucune date n’est désormais fixée pour le premier vol du prototype, en espérant qu’il ait lieu en 2009, ce qui induit de facto des retards majeurs pour les livraisons aux armées de l’air.

La fin de la présidence française de l’Union européenne approche et dans le domaine de la défense, des progrès ont été faits avec notamment le projet de flotte commune d’avions A 400 M (lorsqu’il parviendra à voler !), un Erasmus militaire pour la formation des officiers (mécanisme déjà en grande partie mis en place), ou encore une capacité de déminage maritime européenne. Ces propositions sont des étapes intéressantes mais qui ne remettent pas en cause le périmètre des responsabilités de l’OTAN qui reste la grande organisation militaire. Le sommet de son soixantième anniversaire sera d’ailleurs organisé entre Strasbourg et Baden Baden début avril. Ce sera d’ailleurs le premier contact de l’OTAN avec le président américain Barack Obama.

En effet, les élections américaines du 4 novembre étaient attendues avec impatience par la planète tout entière avec des raisons différentes et très souvent antagonistes d’un pays à l’autre. Comme dénominateur commun, l’administration Bush, après huit ans de politique étrangère unilatérale, avait fait l’unanimité contre elle. L’élection du président Obama ne doit cependant pas être perçue comme un changement de cap complet de la politique extérieure de Washington. Il y aura des ajustements avec en particulier le début du retrait américain d’Irak mais l’augmentation de l’effort en Afghanistan. Il y aura certainement plus de dialogues mais les intérêts américains seront toujours la priorité de la nouvelle administration. 

De plus, la crise financière puis économique bouleverse l’environnement international. Les cours des matières premières se sont effondrés, mettant fin à la bulle spéculative, sans pour autant signifier l’assainissement du marché. Les conséquences stratégiques de la crise de cet automne devront être analysées avec précision et précaution dans les mois à venir. Les excédents de revenus des pays producteurs sont en train de fondre et impacteront directement les carnets de commande des pays occidentaux. La priorité ne sera pas dans la construction de paquebots de luxe ou dans l’immobilier de loisirs.

Les dernières semaines ont été marquées par une recrudescence spectaculaire de la piraterie maritime dans deux zones du globe, le golfe de Guinée où les exploitations pétrolières off shore constituent des proies faciles et le large de la Somalie où les pirates n’hésitent plus à s’emparer de navires importants. L’Union européenne vient d’ailleurs d’engager pour la première fois une opération navale visant à protéger le trafic maritime international mais des difficultés juridiques subsistent sur le devenir des pirates éventuellement capturés avec la définition de l’autorité juridique habilitée à les juger. Au 18° siècle, et jusqu’au milieu du 19°, les marines françaises et britanniques luttaient déjà contre la piraterie. Les « barbaresques » ou les pirates des Caraïbes savaient alors quel serait leur destin en cas de capture. Cependant, face à des pirates disposant de navires rapides, les marines européennes vont devoir déployer des moyens pas forcément adaptés et surtout, ce type d’opération va s’inscrire dans la très longue durée, tant que l’Etat somalien ne se soit pas rétabli. La tâche risque donc d’être ingrate mais elle est indispensable pour garantir la sécurité maritime.

Cet automne est donc plein d’incertitudes stratégiques alimentées par une crise économique aux conséquences encore inconnues. Seule certitude, l’arrivée de la nouvelle administration Obama permettra aux Etats-Unis de pouvoir d’ici à quelques semaines relancer leur politique étrangère et économique. Il est à souhaiter qu’un meilleur dialogue entre les deux rives de l’Atlantique puisse amener la sérénité indispensable pour que la crise économique ne se transforme en affrontements violents et n’exacerbe les nationalismes vindicatifs.

 

Jérôme PELLISTRANDI

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Vendredi 12 septembre 5 12 /09 /Sep 22:53

Jean Picq nous donne une excellent article dans La Croix du 11 septembre 2008 (à consulter en bibliothèque). De mémoire, c’est l’ancien président du SGDN, qui a donc la connaissance des débats de défense pour donner un avis pertinent.

Que dit-il ?

Que le LB, « loin d’ouvrir la discussion, la ferme ». « Il fixe un axe de pensée unique sur un mode prescription ». Certes, il remarque l’objection que « le chef des armées est dans son rôle quand il fixe la ligne politique ». « Mais il y a désormais tant de prémices de bouleversements stratégiques à venir » que cela « appelle un débat politique entre décideurs d’hier et d’aujourd’hui ».


Quatre points doivent être relevés :

1/ Le concept de sécurité national : « il y a risque de confusion à vouloir aller au-delà de la coordination des efforts relevant de deux ministère ». Car « Il y a dans le recours à cet englobant une manière de réduction inspirée par l’hypothèse centrale du document, celle ‘d’une attaque terroriste majeure sur le territoire européen utilisant des moyens de type nucléaire, chimique ou biologique couplée à une situation de guerre dans l’une des zones d’intérêt stratégique de l’Europe ».


2/ Or, « Nous ne pouvons pas bâtir notre système de défense sur la seule idée d’un nouveau 11 septembre 2001 couplé à une nouvelle guerre au Proche-Orient ».


3/ Troisième interrogation : « la fixité durablement choisie pour le modèle d’armée retenu ». « Il est regrettable qu’on ferme toute perspective d’accroître [notre effort] si la nature des menaces devait le justifier ».


4/ le LB « continue de tenir sur l’Otan un discours sur la compatibilité des politiques qui n’a jamais convaincu nos partenaires ».  « A supposer que ce pari soit le bon, ce qui n’est pas démontré, pourquoi alors continuer à entretenir l’illusion d’une défense européenne en en créant de surcroît une nouvelle, celle de l’européanisation de l’Otan ? ».

 

Et de conclure : « il faut souhaiter que l’excellente idée de l’actualisation régulière du livre blanc devant le parlement soit mise en œuvre ».

 

Cet article confirme que ce Livre Blanc est paru deux mois trop tôt. Et qu’aussi valide qu’ait été l’exercice (il est trop facile, en effet, de critiquer tel ou tel aspect d’un document qui se voulait globalisant et équilibré et qui y parvenait, une fois ses postulats posés), il est désormais urgent de s’atteler à la tâche de sa réécriture. Et de profiter du débat actuel, bien plus vigoureux que l’an dernier, pour qu’enfin ce Livre Blanc de la Défense soit celui de la nation.

 

Parce qu’une chose a changé depuis le printemps : la France sait désormais que la guerre rode, de l’Afghanistan au Caucase, et qu’elle n’est plus si éloignée qu’on se complaisait à le croire.

 

Il n’y a pas de frontière morte.

 

Olivier Kempf

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Jeudi 28 août 4 28 /08 /Août 23:56

Le géopolitologue écoute, chaque année, avec le plus grand intérêt le discours aux ambassadeurs : il s’agit en effet de l’énoncé des axes de la politique étrangère française.

Pour être bref, je note plusieurs choses :

-          la proposition conceptuelle d’ « ère des puissances relatives », qui me paraît à première vue heureuse car à la fois géopolitique (notion de puissance et de relativité, donc de conflictualité possible) et en même temps qu’elle sort du débat un peu vain sur le monde uni ou multipolaire.

-          L’assimilation, quasiment ouverte dans le bouche du président, de l’Occident à l’Alliance Atlantique et à la relation transatlantique. La première équivalence est discutable même si elle a du sens ; en revanche, faire de l’Alliance le lieu exclusif de la relation transatlantique est beaucoup plus gênant, car on ne voit pas où est l’Europe dans ce schéma.

-          Enfin, la répartition de compétence entre le Conseil de Sécurité élargi, qui s’occuperait des questions de sécurité, et le G13/14 qui traiterait à la fois de l’économie et de l’environnement (ce qui valide la notion de ressources que je défends dans ce blog). Si cela s’avérait, il faudrait probablement que le G 13 « durcisse » pour avoir une permanence exécutoire (au lieu d’être une grand messe annuelle).  Et organiser les relations entre CS et G13, à cause de la concurrence qui ne manquerait pas de s’instaurer.

 

Tout le reste est à lire, bien sûr. Mais ces points me paraissent les plus novateurs.

 

Olivier Kempf

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Jeudi 28 août 4 28 /08 /Août 23:48
L’affaire d’Afghanistan suscite un débat nourri et public, tant sur les raisons de la guerre (pourquoi est-on là-bas ? ) que sur ses modalités (est-ce la bonne façon de conduire la guerre ?).
Ce débat est apparu à cause de l’émotion causée par le drame de Souraibi. Il est aussi dû à des conditions politiques qui ont changé. Car finalement, la révision constitutionnelle de juillet (voir mon billet) a également servi à quelque chose : réintroduire la stratégie dans le débat politique, et responsabiliser les députés. Or, ces événements et cette révision se conjuguent pour accentuer le soutien des autorités politiques aux armées, soutien qui avait fait débat au début de l’été.
Pour deux raisons :

- Au Parlement, par la responsabilité politique qui se traduira par le vote du 22 septembre et qui sera observé attentivement par l’opinion. Nul doute que cela facilitera, aussi, la discussion budgétaire de l’automne en la matière ;
- chez le président, le poids des conséquences de sa décision restera une charge psychologique, ce qu’il a d’ailleurs reconnu, expliquant à mots couverts que cela l’introduisait dans une dimension nouvelle de son métier d’homme d’Etat. Sa fonction n‘appartient plus pour lui à l’histoire politique, elle est désormais dans l’Histoire, avec son cortège de drames. La majuscule ajoutée change tout. Et nul doute que dorénavant il considérera différemment la chose militaire.

Cette double prise de conscience des autorités politiques, tant exécutives que législatives, me semble une conjonction rare qu’il importait de signaler. Car s’il est peu probable que l’on change, à court terme, de stratégie et notamment en Afghanistan, il est en revanche hautement probable que l’attitude politique soit modifiée. Cela est d’autant plus renforcé que la réapparition de la guerre aux confins de l’Europe intervient simultanément et réintroduit le risque de conflit, et la question nucléaire, sur le continent.

D’une certaine façon, le Livre Blanc fut publié deux mois trop tôt.

Olivier Kempf
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Vendredi 25 juillet 5 25 /07 /Juil 18:02

Bien. Maintenant que la carte militaire a été rendue publique, on va pouvoir en parler tranquillement. Heureusement que la réforme constitutionnelle est passée (voir ici) car sinon, il aurait fallu attendre encore deux mois (voir ici) !!    
  (;-)))))))
Et une bonne nouvelle n'arrivant jamais seule, la "traque" (sic!) de Surcouf étant désormais terminée (voir ici), chacun a désormais le droit de penser.
Ouf !

Et d'abord, les commentaires que je ne ferai pas, car ils n'appartiennent pas à la géopolitique :
1/ est-ce pertinent ? je m'en fiche. Enfin, ici. Car si on entre là-dedans, on  dévie très vite vers le café du commerce, regardez les commentaires chez JDM. Soûlant.

2/ Est-ce de l'aménagement du territoire, en a-t-on tenu compte, etc ? Or, déjà que je ne veux pas faire de géographie politique, ce n'est pas pour faire de la politique géographique : car au fond, l'aménagement du territoire, ce n'est pas autre chose.

3/ Est-ce que ça a un rapport avec la couleur politique de l'élu du coin? et quelles conséquences sur le vote ?
Bitche vote à droite, Nantes à gauche. Même résultat. Il y aura tout un tas de gens qui vont analyser ça dans les détails. Bravo, je lirai avec intérêt.
Mais c'est quelque chose entre de la science politique (carte électorale) et de la géographie politique. Et je vous dis que je n'en ferai pas.
Na !

Car ici, c'est un blog sérieux, Môssieur.

Donc, les commentaires que je ferai seront géopolitiques.

Mouais. Il fait le malin.

Faut dire, il n'y en a pas beaucoup. Essayons quand même quelques considérations médiocres (je sais, je sais).

1/ D'abord, tout le monde note l'amincissement de l'est. Du style, "sortir du dispositif de 1870". Je remarque quant à moi que la région parisienne est drôlement touchée : ce n'est pas "Paris et le désert français", mais "Paris ou le désert militaire".
Comme le symbole d'une désaffection ?

2/Je note que le sud est épargné.
Donc, l'air de rien, c'est cohérent avec le LB, qui nous affirmait un axe Marseille Djibouti. (voir ici). La carte militaire correspond à des besoins. Ou plutôt, à des besoins géographiques, quand le dispositif précédent aait été pensé dans le cadre de la professionnalisation (on avait dispersé les unités pour favoriser le recrutement) : car il ne faut pas croire que ceux qui nous ont précédé n'ont été que des abrutis.

3/ Les deux éléments précédents suggèrent quelque chose qui était subliminal dans le LB : moins d'Europe, et plus de sud-est. A cause de l'énergie. A cause de la Méditerranée. à cause de l'Iran.
Mais moins d'Europe. Ce qui peut expliquer le point suivant.

4/ Car cette carte est l'occasion d'un nouvel accroc à l'axe franco-allemand. Je récapitule :
Discours français : Messieurs les Allemands, vous ne voulez pas engager la BFA en opération, les unités françaises en Allemagne sont un lointain héritage de l'occupation post-Yalta, c'est dorénavant terminé, soyons pragmatiques : soit ça sert à qq chose (l'Afghanistan?), soit on rentre car ça coûte , mais ça coûte...
Discours allemand : Non mais comme vous y allez, et le symbole alors, déjà qu'on a rattrapé le coup sur l'affaire de l'UPM, pensez un peu à l'Europe.
Discours français : ben si c'est du symbole, chiche, alors il y a une unité allemande qui vient s'installer en France, à titre d'échanges de bon procédé, quel merveilleux symbole.

Tout ça au moment de la PFUE, et alors qu'on dit à tout le monde qu'il faut des avancées sur l'Europe de la défense.

Il y a quelque chose qui m'échappe.

Pas vous ?

Enfin, ce n'étaient que des considérations pas sérieuses.

Olivier Kempf

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