Mers, pôles et rivages

Jeudi 1 janvier 4 01 /01 /Jan 18:21

1/ L’Arctique était une terre stratégique de la guerre froide, pour une raison nucléaire : dans l’affrontement entre les deux grands, la plus courte distance qui les joignait passait par l’Arctique. On passait donc sous l’Arctique, ou très au-dessus : d’une part avec les sous-marins nucléaires (la principale base russe était en mer Blanche) ; d’autre part avec les missiles balistiques intercontinentaux qui devaient survoler la banquise. L’Otan mit en place tout un système d’écoutes pour encadrer cet affrontement nordique : système NADGE, système SOSUS, etc.

La référence à l’Otan est tout sauf anodine : quatre des cinq puissances arctiques sont otaniennes : Etats-Unis, Canada, Norvège, Danemark, sans même parler de l’Islande qui est péri-arctique. Et certains s’inquiètent de l’utilité de l’Otan ???? Il faudra leur dire, en avril, à Strasbourg !

Toutefois, avec la fin de la compétition bipolaire, on avait un peu oublié toutes ces glaces.

 

2/ L’Arctique a connu, en 2007 et 2008, une grande renaissance géopolitique, pour plusieurs raisons fondamentales, qui dépassent le symbole du drapeau russe planté sous la banquise :

-         l’intérêt renouvelé pour la défense anti-missile

-         le nouveau carrefour de routes maritimes que permettrait l’ouverture des passages du nord-ouest et du nord-est, et qui favoriserait les échanges entre la triade économique Europe-Amérique-Asie orientale

-         le probable gisement de ressources minières

 

3/ Ces deux derniers événements sont rendu possibles par le réchauffement climatique. Ce qui fait que certains font mine de le déplorer, mais y sont vivement intéressés.

 

4/ Cela a déjà des conséquences géopolitiques évidentes. Certaines puissances polaires seront considérées comme colonisatrices : Groenland, Féroé et Spitzberg feront l’objet de toutes les attentions des bons esprits autonomistes, indépendantistes, etc.

 

5/ De même, le principal des revendications de territoires sous-marins (voir mon billet) tient d’abord au prolongements des îles et presqu’îles sous la calotte glaciaire : Groenland, Spitzberg, dorsale Lomonossov, ...

 





Carte obtenue sur le site de l'IPEV : http://www.institut-polaire.fr/ipev/galerie/arctique/cartes/carte_arctique

Les ours blancs ont du souci à se faire. Au fait, l’Arctique, étymologiquement pays de l’ours, ne tient pas son nom des braves mammifères qui l’habitent, mais du fait qu’on l’atteint en suivant l’étoile polaire, grâce à la Grande Ourse.

Pourvu qu’on garde le Nord !

 

O. Kempf

 

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Vendredi 26 décembre 5 26 /12 /Déc 15:41

Bon, certes, ce titre est provocant. Doublement.

 

1/ D’abord, parce que chacun s’attend à ce qu’on parle de la crise économique, d’Obama, de l’Afghanistan,......

Et puis il y a quelque chose de profondément mal-élevé, de grossier, de sans-façon a prononcer platement ce mot de colonial sans l’assortir immédiatement d’une once de dégoût et de condamnation morale.

Eh ! pourtant, il faut bien constater que 2009 sera une année coloniale, et que cette colonisation constituera peut-être l’événement le plus fondateur du XXI° siècle. Géopolitiquement, s’entend.

 

Car s’il s’agit de coloniser des territoires, ceux-ci ne sont pas habités. Ouf ! On va pouvoir continuer à condamner la colonisation de papa, et ne pas voir celle d’aujourd’hui. Sans bien remarquer d’ailleurs que celle d’aujourd’hui sera peut-être autant condamnée par nos arrières-petits-enfants que celle d’hier l’est par nous.

 

2/ Au fait !

Le fait, c’est que les Etats du monde ont jusqu’au 13 mai 2009 pour enregistrer auprès de l’ONU leurs demandes d’extension de leur plateau continental sous-marin.

Depuis la convention de Montego Bay en 1982, les Etats côtiers avaient obtenu le droit d’exploiter les ressources naturelles sous-marines jusqu’à 200 milles nautiques de leur littoral (370 Km). Les juristes avaient parlé de « plateau » continental.

Oui mais ! mais les géographes (espèce décidément très utile, en doutiez vous cher lecteur féru de géopolitique ?) considèrent que le plateau, c’est tout autre chose. C’est une entité « géographique ». Cela désigne le prolongement « physique » du « territoire » sous la mer. Et quand ce prolongement dépasse la limite des 200 miles, que fait-on ?

On enregistre ses desideratas auprès de l’ONU.  On revendique jusqu’à 350 milles. Pour obtenir le droit d’exploiter les ressources naturelles jusqu’à 500 Km de ses côtes. Voir mes premiers billets ici et iExtension du plateau continental ci)

 

3/ 80 Etats sont concernés, et c’est le branle-bas de combat. Car il faut appuyer ses revendications par quantités de données géophysiques. Les géographes du monde entier sont donc sur les dents. Car si l’on a beaucoup fantasmé, au cours des années 1970, sur les nodules polymétalliques, la flambée des cours des matières premières de 2008 a fait prendre conscience à beaucoup de la nécessité de « préserver » l’avenir et d’obtenir des droits sur des zones encore vierges d’exploitation. Même si aujourd’hui, on ne sait pas encore comment on les exploitera : on est sûr qu’un jour on les exploitera.

Une vraie colonisation d’exploitation, je vous dis ! et en plus, sans autochtones qui peuvent se rebeller et réclamer l’indépendance ! pain béni ! Alléluia !

 

4/ Oh ! bien sûr, il y aura quelques difficultés. Ne parlons pas de la dite exploitation qui devrait affecter l’écosystème : ces objections d’écologistes, n’est-ce pas, c’est bon pour les médias. Hum !

Mais plus « sérieusement », qui dit colonisation dit délimitation de frontières. Et il va falloir tracer des frontières sous-marines, décider des zones disputées, s’adresser à la cour de La Haye pour obtenir des arbitrages, éventuellement se faire la guerre. Savez-vous que les deux tiers des 460 frontières maritimes entre pays côtiers sont aujourd’hui contestées ?

Vous verrez, nous aussi nous vivrons un Congrès de Berlin, comme celui de 1884 : un vrai, qui répartisse cette course à la terre. Euh ! cette course à la mer. Enfin, vous m’avez compris.

 

Vraiment, 2009 sera une belle année coloniale ! Sans provocation.

 

O. Kempf

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Mercredi 26 novembre 3 26 /11 /Nov 22:45

La piraterie « somalienne » amène quelques commentaires. Beaucoup ont déjà été apportés dans les journaux.

 

1/ Cette piraterie bloque peu à peu le golfe d’Aden, et donc la grande artère qui mène de l’Europe aux Orients : le Moyen et son pétrole, l’Extrême et ses fabrications chinoises. La première conséquence est donc économique, même si elle est actuellement masquée par la crise mondiale (avec un pétrole retombé en dessous de 50 $ le baril et une croissance chinoise en dessous de 8 %). Cette crise cache donc les conséquences directes de la piraterie.

 

2/ la solution alternative consiste à passer par le cap de Bonne Espérance : même les pétroliers à destination de l’Amérique sont gênés (la route trans-méditerranéenne est plus confortable). Toutefois, la prise du Sirius Star, à 450 Km au sud-est de Mombassa (Kenya) menace à son tour cette route. Menace toutefois plus légère.

 

3/ C’est donc tout un territoire maritime qui est affecté. Il reste que le canal de Singapour connaît depuis de longues années des phénomènes similaires de piraterie, tout comme certaines parties de la mer de Chine. Cela n’a pas entravé durablement le commerce. On parle plus du Golfe d’Aden car ça se rapproche de nos frontières.

 

4/ Les conséquences devraient passer par une augmentation des coûts d’assurance des bateaux. J’avais entendu que les cargos modernes transportaient tellement de boîtes que le coût du pétrole était absolument marginal dans les frais de transport, et qu’une augmentation du baril n’affecterait pas ce mode de transport. Je pense que les coûts d’assurance devraient suivre la même logique (mais je m’avance beaucoup, et suis prêt à être démenti par des arguments chiffrés). Bref, la piraterie ne devrait pas modifier l’équilibre économique du transport maritime, vecteur essentiel de la mondialisation.

 

5/ Eh ! oui : le transport maritime est un vecteur essentiel de la mondialisation, au moins autant qu’Internet : le fait est rarement cité, il me paraît pourtant essentiel. Tout aussi essentiel : ce transport paraît déconnecté de la chose publique. Non maîtrisable par l’Etat, non protégeable par l’Etat, il apparaît totalement privé : comme Internet.

 

6/ C’est pourquoi les réponses à la crise seront intéressantes à observer. Car si on est sûr d’une chose, c’est que les marines nationales ne peuvent quasiment rien contre les pirates : trop diffus, trop camouflés, trop rapides, trop bien équipés de technologies empruntées à l’Occident, ils reproduisent bien des mécanismes des nouveaux combattants décrits par A. de La Grange dans les Guerres Bâtardes.

 

7/ D’ailleurs, les forces navales mises en route par l’Otan (groupe naval permanent voire l’Opération « Active Endeavour », OAE) ou l’UE (opération...) sont plus des symboles qu’autre chose. Tout aussi symboliques les navires russes ou français dépêchés sur zone (quand ils ne tombent pas en panne, mais je cesse immédiatement mes perfidies). Il ne faut pas croire à leur efficacité. D’autant que le mécanisme juridique de leur action (et de l’ouverture du feu) reste largement sujet à caution.

 

8/ C’est donc à terre que ce situe la solution. A terre, d’où la question « somalienne » : on insiste sur les guillemets tant ce pays paraît démembré (Somaliland, Puntland, ...). Il faut d’ailleurs immédiatement remarquer que l’assimilation « terroriste = pirate » est une fausseté gigantesque. Car il semble bien que les islamistes somaliens considèrent avec beaucoup de méfiance les pirates qui les gênent dans leur stratégie politique. De ce point de vue, la confusion liée à Active Endeavour n’est pas une bonne chose, car elle entretient cette confusion (OAE est en effet LA mission de l’OTAN de lutte contre le « terrorisme » en Méditerranée).

 

9/ Mais s’il y a confusion intellectuelle (métastase malsaine du discours inepte de la guerre contre la terreur dont nous n’avons pas fini de nous soigner), il y a pourtant une vérité qui se cache : l’absence d’Etat en Somalie est la vraie cause du libre champ laissé à ces pirates, qui s’enrichissent largement en profitant du vide policier sur leurs terres. Il n’en était pas autrement autrefois, du temps des barbaresques, quand les pirates souquaient à partir des côtés algériennes et faisaient régner l’insécurité dans toute la Méditerranée, sous la souveraineté lointaine d’un Empire Ottoman qui n’en pouvait mais.

Je laisse aux historiens (S. Mantoux, es-tu là ?) le soin de nous rappeler comment nous nous sommes débarrasser de ce fléau. Il y aura peut-être des leçons à en tirer pour réoudre la crise.

 

10/ Car il faudra bien faire quelque chose, n’est-ce pas : la seule affirmation géopolitique du Livre Blanc consistant en effet à affirmer que l’axe majeur de la politique française suivrait un axe Marseille-Aden-Oman. La base d’Abou Dabi et celle de Djibouti sont des pions majeurs à cet égard.

 

O. Kempf

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Mardi 4 novembre 2 04 /11 /Nov 21:42

En sus du dernier numéro de DN&SC, l’abonné reçoit un supplément sur le Charles De Gaulle. On y parle du porte-avion, mais aussi de stratégie marine.

Je retiens bien sûr le discours prononcé par le général à l’école navale, le 15 février 1965. On y trouve des expressions tout à fait obsolètes : « puissance guerrière de la France » (à deux reprises), « vous aurez, vous avez déjà, à vous adapter pour faire la guerre », « la marine est faite pour la guerre ».

Entendriez vous cela dans la bouche d’un homme politique contemporain ? Non, bien sûr, cela n’obéit pas aux canons du conformisme ambiant (ce qu’on appelle le politiquement correct, et qui n’est que politiquement conformiste). On est passé de la guerre à la défense et désormais à la sécurité. Evolution aveuglante !

 

Ce supplément est publié à l’occasion de l’Euronaval, qui fait d’ailleurs l’objet du dernier DSI. Je signale à ce propos le remarquable article de Joseph Henrotin sur « Mahan et Corbett, deux visions de la stratégie navale ».

Cela renvoie aux mots de De Gaulle :

« Je salue ce site de Brest qui est marqué par la géographie pour être un haut lieu de notre destin, le destin de cette France pour laquelle, comme pour tous les pays d’ailleurs, la mer est à la fois un obstacle, c’est-à-dire une défense, et aussi un chemin, c’est-à-dire un moyen de se répandre, de la France qui est un cap d’un continent avec trois façades sur la mer, de la France qui est pas conséquent marquée pour être un pays maritime ». On lira d’ailleurs avec intérêt, toujours dans DN&SC, l’article du CEMM, l’amiral Forissier, sur « le général De Gaulle et la vision du large ».

 

Tout ceci m’amène à quelques considérations de géopolitologue sur les espaces maritimes. Et sur ce qu’on pourrait appeler la géopolitique marine.

 

En premier lieu, la mer est le premier espace non terrestre. Derrière ce constat obvie se cache une autre réalité : on ne vit pas en mer, on ne demeure pas en mer, on ne maîtrise pas la mer, ou du moins pas de façon aussi permanente et économe qu’on le fait sur terre. Sur terre, des hommes vivent sans qu’ils soit besoin de cet outil qu’on appelle le navire. La géopolitique étudie les rivalités de puissance sur les territoires et les populations qui y vivent. La terre, ou plutôt le territoire, n’existe que par ses populations ou la possibilité de celles-ci. Le territoire n’existe que par la permanence de son occupation.

Or, quoique vous fassiez, et quels que soient les utopies de cités flottantes, la mer ne subit qu’une occupation de passage, pour la simple raison qu’il faut un navire pour y demeurer. La mer est donc seconde, en géopolitique, par rapport à la terre. Elle n’a d’intérêt géopolitique que par rapport à des territoires distants, dont il faut bien sûr examiner les relations.

Ainsi, on s’intéressera à un port naturel, ou à un détroit, ou aux eaux intérieures d’un système îlien ou archipélagique. La mer s’intéresse, plus encore que la terre, aux points de passage obligés, aux routes, aux escales.

Cette maîtrise jamais permanente polarise toute la réflexion géopolitique marine. Entre un Mahan qui croit à cette maîtrise et un Corbett qui tient compte de cette discontinuité, le géopolitologue a plutôt tendance à préférer le second.

En un mot, on pourrait dire qu’on maîtrise un territoire, quand on ne peut que contrôler un espace maritime. Encore ce contrôle ne peut-il se faire durablement qu’à partir de la terre.

C’est d’ailleurs ce qui vicie fondamentalement les vues des grands ancêtres de la discipline, et notamment MacKinder ou Mahan, car ils militent pour l’existence de puissances de la terre contre des puissances de la mer : c’est ne pas voir que les puissances de la mer sont, elles aussi, des puissances de la terre ; même si leur caractère îlien les prédispose à une stratégie navale plus prégnante.

En fait, cela s’assimile presque à la distinction Clausewitzienne entre l’offensive et la défensive. CVC estime que la défense a un privilège, celui de la stabilité et de la connaissance du terrain, quand l’offensive s’épuise à suppléer cette dissymétrie première : pareillement, la puissance de la terre fait moins d’effort que la puissance de la mer, obligée d’étendre ses lignes pour dominer l’autre.

Vues théoriques, pas forcément confirmées par l’histoire, c’est entendu. La Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont dominé le monde, et ce furent des puissances maritimes. Et leur domination fut temporaire.

 

J’ajouterai une autre chose. Si la terre est première, la mer est deuxième, et non pas seconde. En effet, la mer nous apprend le changement de milieu, chose aussi importante en stratégie qu’en géopolitique. En effet, les progrès de la technologie ont permis à l’homme de maîtriser de nouveaux milieux. Si l’embarcation apparut très tôt avec l’humanité, de nouveaux engins permirent d’aller ailleurs. Ce fut tout d’abord le cas de l’air, c’est aujourd’hui le cas de l’espace extra-atmosphérique, ou de l’espace informatique.

Considérez ces espaces comme des milieux où la guerre s’exerce, et vous comprendrez que s’ils participent au combat général, s’ils le compliquent radicalement, la maîtrise de ces nouveaux milieux ne suffit pas à assurer la victoire totale ; et que celle-ci, au final, se concentrera dans la victoire terrestre et dans la maîtrise d’un territoire. Cette doctrine du changement de milieu affecte pareillement la géopolitique et la stratégie.

Ainsi donc, la stratégie maritime, la géopolitique marine viennent compliquer (pour le pas utiliser le mot complexifier, qui est trop laid) les données de base de la stratégie et de la géopolitique. Ces milieux nécessitent même la spécialisation des combattants qui vont s’y affronter, tout comme l’élaboration de tactiques et de doctrines particulières (politiques ou guerrières). Cette spécialisation ne doit pourtant pas aveugler l’observateur. S’il y a un combat maritime, s’il y a une géopolitique marine, c’est toujours dans la perspective d’une domination terrestre (qu’il s’agisse d’invasion, d’attaque, de pillage, d’appropriation, d’exploitation, de destruction, ou de blocus). Cette hiérarchie n’ôte rien à la noblesse de ceux qui servent dans ce milieu (ou même, en suivant un parallélisme des formes, dans les autres milieux).

 

Mais elle permet de comprendre la réalité des objectifs, et donc des lignes d’opération que devra suivre le stratège, sous la direction du politique qui le guide et l’oriente.

Primeur doit être laissée au territoire.

Et c’est ici le géopolitologue, plus que le terrien, qui parle.

 

 

Olivier Kempf

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Mardi 9 septembre 2 09 /09 /Sep 22:59
Désolé, je n'ai pas tous les accents sur ce clavier....

Je signale donc l'article du Monde sur 'l'ouverture simultanée des deux routes de l'arctique (ici).

N'est-ce pas Poutine qui disait qu'il voyait cela sans déplaisir ???
Antique obsession maritime de la Russie, au moins aussi prégnante que son obsidionalité...
De l'autre coté de l'océan, on lira le billet de Romain Lalanne sur le Canada, l'arctique, et la nouvelle stratégie de Toronto (ici).

Olivier Kempf
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Vendredi 11 juillet 5 11 /07 /Juil 18:31
Voici un blog de géopolitique arctique.
ICI
L'auteur est d'une prolixité étonnante, plein de fougue et d'ardeur, presque ultra. Très rétif envers les "Etazunis" (il ne peut s'empêcher d'écrire Djordje Bouche), il est en revanche fortement russophile. La pondération viendra avec l'âge.
Il demeure une source d'information étonnante, tournée à la fois vers l'Arctique, mais aussi la Baltique.
En plus, le blog se nomme "Ice Station Zebra" (voir critique)

ce qui nous rappelle ce film de 1968, ancêtre d'Octobre Rouge, où il y a des sous-marins et de la guerre froide, et pas une femme à l'écran.

Revenons à notre Marseillais (oui, un russophile marseillais !) : outre sa prolixité, je retiens surtout la somme de renseignements. On sent le passionné, qui ne cesse de regarder tout ce qui a trait à la zone.
Beaucoup d'informations, pas mal de commentaires, dont quelques uns qui arrivent à dépasser le parti-pris pour fournir des analyses futées. Bref, sur un sujet négligé, des choses très bien à porter à la connaissance du public.

Bienvenue dans le soviet, Camarade.

Olivier Kempf

(NB : inscrire son blog ds la communauté "géopolitique" d'over-blog, afin de développer notre visibilité réciproque).
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Samedi 17 mai 6 17 /05 /Mai 12:50
Excellent article dans le Figaro de ce matin où l'on apprend que la Chine s'intéresse non seulement à l'espace, mais aussi aux pôles.
On l'attendait dans l'antarctique, même si son projet est ambitieux : d'ici à 2010, le drapeau chinois flottera au-dessus de la future base de Dôme A sur le continent antarctique, à 4093 mètres d'altitude. "Le site, considéré comme particulièrement adapté pour forer la glace, cristallise tous les espoirs de remonter dans le temps jusqu'à un million d'années, alors que les Européens viennent d'atteindre 800 000 ans sur le site franco-italien de Dôme C (nos éditions du 15 mai 2008). " Dôme A s'ajoutera aux deux autres bases chinoises  "de Great Wall (Grande Muraille) et Zhongshan (la montagne du Milieu), inaugurées respectivement en 1985 et 1989." 

Mais la Chine ne s'intéresse pas seulement au pôle sud, où les revendications territoriales sont gelées (c'est le cas de le dire) jusqu'en 2041.
Elle vient aussi au pôle nord ce qui intéresse énormément nos lecteurs de ce blog euro-atlantique : "Le pays vient d'inaugurer, en juillet 2007, au Spitzberg, la base Yellow River. (...) Surtout, la superpuissance en devenir ne fait pas mystère de sa volonté de prendre position dans une zone devenue hautement stratégique d'un point de vue géopolitique, compte tenu des perspectives de circulation maritime qu'ouvre la fonte de la banquise. «Ils vont vite apprendre», estime Jérôme Chappelaz. Et ce notamment grâce aux coopérations avec les Français en glaciologie, les Australiens en astronomie ou les Américains en océanographie".

Cela nous amène à l'île du Spitzberg. En effet, "
Le Svalbard (Administration Norvégienne) est un territoire arctique qui regroupe les îles entre 74° et 81° de latitude Nord et entre 10° et 35° de longitude Est. La plus grande des îles du Svalbard est le Spitzberg. Les autre îles du Svalbard sont Nordaustlandet, Edgeøya, Barentsøya ainsi que Kong Karls Land, Kvitøya, Hopen et Bjørnøya. Le Svalbard est bordé par l'océan Glacial Arctique au Nord, la mer de Barents au Sud et à l'Est, et par la mer du Groenland à l'Ouest".
Voici la carte consultable à (
http://www.svalbard-images.com/arctique-svalbard.php) :

On peut aussi aller surfer sur l'institut polaire norvégien :
http://npiweb.npolar.no/ et notamment la carte de http://cruisehandboka.npolar.no/

Avec 2868 habitant sur un territoire de 62 000 km², le Spitzberg est très peu peuplé.... Cela explique que la maîtrise norvégienne du territoire ne soit pas contestée. Outre le cap nord, cela donne à ce pays une fenêtre remarquable sur la zone arctique.

Olivier Kempf
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Lundi 12 mai 1 12 /05 /Mai 10:47
Je signale dans le dernier DSI l'excellent article de Joël Plouffe de l'UQAM, "Le passage du nord-ouest, défi stratégique pour le Canada".

Et puisqu'on évoque l'Arctique, deux autres références incontournables :
Thierry Garcin, "
Le grand Nord, nouvel espace géopolitique" DN&SC novembre 2006

et Thierry Garcin : "
L'Arctique revisitée" DN&SC février 2008


Le pôle nord redevient d'actualité. C'est d'ailleurs la principale conséquence géopolitique du réchauffement climatique, si vous voulez savoir.... racourcissement des voies commerciales, ressources énergétiques, conquêtes térritoriales....

Olivier Kempf
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Jeudi 24 avril 4 24 /04 /Avr 23:33

Ce qui est captivant, avec cette histoire de plateau continental dont je parlais hier (ici), c'est que nous observons là une géopolitique presque archaïque, dans le sens où des puissances se chamaillent pour conquérir des territoires : on se croirait entre le Portugal et l'Espagne dans les dix ans qui ont suivi la découverte de Colomb (le traité de Tordessilas, de mémoire, intervient deux ans à peine après), ou entre les puissances européennes de 1880 au moment du traité de Berlin qui a partagé l'Afrique.Traité de Tordesillas, folio 6 recto, Bibliothèque Nationale de Lisbonne
Pardon pour les spécialistes qui m'expliqueront tous les raffinements possibles sur ces deux traités, je conviens de toutes les précisions qu'il faut ajouter, mais l'important n'est pas là.

Car de quoi s'agit-il ? de l'affrontement brut de puissances qui se disputent des territoires, et voient un rapport direct entre la taille et la richesse, donc la puissance.

Ce qui est remarquable, c'est que cela se passe dans l'indifférence générale, et sur des territoires qui touchent forcément à la biosphère. Cette indifférence est explicabe  : l'exploitation n'est pas pour aujourd'hui, il n'y a pas d'humains qui y habitent, enfin le rapport entre les fonds marins et l'équilibre de la biosphère est très mal connu.

Puisque nous parlons de nos méconnaissances, il faut bien sûr citer l'excellent petit livre d'Orsenna sur les courants marins :

 

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