Géopolitique des ressources

Samedi 17 janvier 6 17 /01 /Jan 11:11
Je n'ai pas eu le temps d'écrire la série thématique d'articles sur 2009 qui s'ouvre, et j'en suis désolé.
Toutefois, je ne voulais pas oublier ce thème là.

Il est double : car je réfute la notion de géoéconomie (voir ici un billet d'août), et je ne parle que de géopolitique des ressources. Il y a bien évidemment énormément de choses à dire. Disons-en
succinctement quelques unes.

1/ La "conjoncture" économique est, chacun le sait, très grave. Les économistes nous disent qu'on échappera à la déflation. Je n'en suis pas convaincu, mais admettons. Je pense toutefois que le néo-capitalisme des deux dernières décennies est touché à mort. Ce qui ne veut pas dire que le 'capitalisme' soit lui-même mort. Mais je crois que la crise sera longue, car il faut purger l'économie d'endettement sur laquelle nous avons bâti la croissance de ces dernières années.
Or, la dette suppose la confiance (voir ici ce que j'écrivais le 8 octobre). Surtout, il va falloir (ré)-apprendre à ne consommer que ce que l'on gagne. Comme faisait grand-maman.
J'ai donc tendance à considérer que nous sommes dans une crise eschatologique. Et que 2009 ne nous apportera pas la solution, car cette dernière mettra beaucoup de temps à émerger. Autant de temps qu'il faudra "purger" le système financier du château de carte de dettes et d'emprunts qu'il a échafaudé. Plus d'une année en tout cas.

2/ Simultanément, on devrait assister à un lent mouvement de relocalisation des économies. Pour éviter les excès de la mondialisation, quitte à confondre la mondialisation des informations avec la mondialisation des échanges. Au risque d'un protectionnisme renforcé et de ses excès : la course au protectionnisme, dans un panurgisme  incontrôlé et donc excessif.

3/ La lutte pour les ressources ne va pas cesser pour autant. Ressources énergétiques ( la fameuse notion de "sécurité énergétique" va montrer ce qu'elle est réellement : une sécurité des approvisionnements énergétiques), ressources minières, et progressivement, ressources plus 'naturelles' : bois, terres, eau.

4/ Car l'économie et l'écologie sont la même chose : la gestion des "ressources rares".  La ressource la plus rare étant notre biosphère. Aussi faudra-t-il suivre avec la plus grande attention la conférence de Cpoenhague à la fin de l'année : la seule conférence internationale qui sera réellement déterminante pour notre avenir commun. Bien plus que le G20 de Londres, bien sûr.

5/ Faut-il aller pour autant jusqu'à la vision radicale et sociale de mon frère ? non, car j'y vois le recyclage de vieilles utopies du XIX° siècle.
Si le capitalisme, comme religion, est mort le 15 septembre 2008 (jour de la faillite de Lehman), il ne faut pas oublier que l'autre religion, le communisme, est morte le 9 novembre 1989.
Nous sommes vraiment entrés dans le XXI° siècle. C'est la grande nuvelle géopolitique de l'année. Et cela m'amène donc à dire que 2009 n'est que la première d'une nouvelle ère, d'un nouveau cycle géopolitique, qu'il faut appréhender et comprendre, car nous n'en connaissons pas tous les tenants, et donc pas tous les aboutissants.

O. Kempf
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Mardi 13 janvier 2 13 /01 /Jan 18:06
Je l'avais déjà annoncé (ici) il y a près d'un mois (19 décembre)

Je suis heureux de voir, dans le Monde Economie (ici) que les plus sérieux experts la craignent : trop d'endettement étatique n'est pas forcément la solution à tous nos maux. Il y a vraiment le risque de constitution d'une nouvelle bulle, mille fois plus dangereuse que celle de la finance. Car si les Etats font faillite, il faudra repasser par l'économie de troc, puis des monnaies métalliques avant de repasser à de la monnaie fiduciaire, etc....

Attention en effet : il ne faudrait pas qu'à faire "trop" de politique, on oublie l'économie. L'attitude prudente d'A. Merkel me semble raisonnable, plus que jamais.

O. Kempf
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Mardi 13 janvier 2 13 /01 /Jan 17:39
Quelques réflexions, maintenant que la "crise" touche à sa fin.

1/ L'Europe paraît suffisamment désunie au Kremlin pour que celui-ci courre le risque de la défier pour régler le compte de V. Iouchtchenko, le président ukrainien.

2/ L'Ukraine n'est pas "nette", ce que j'avais déjà sussuré dans un billet précédent (ici) (voir aussi ici).

3/ La solidarité européenne est un leurre. Il y a toujours une fracture entre deux Europes, une à l'ouest l'autre à l'est.  Surtout, à l'ouest, des agents "indépendants" ont pratiqué un jeu particulier qui les a rapproché du Kremlin : l'Allemagne avec Northstream, l'Italie avec Southstream. S'étonnera-t-on du pro-américanisme de l'Europe de l'est ?

4/
Pour regagner une certaine "indépendance", il faudrait que l'Europe tire d'abord la conclusion de ce qui s'est passé : elle est aujourd'hui entre les mains gazières du Kremlin.  Elle doit donc :
- organiser l'interconnection des réseaux gaziers, qui sont encore séparés.
- soutenir plus vigoureusement Nabucco, le gazoduc concurrent de Southstream. Défendu par des partenaires privés européens, quand les deux stream sont activés par GAzprom. Difficulté : ce sont des sociétés privées d'Europe de l'est, principalement, et aucun acteur majeur d'Europe de l'ouest n'y est vraiment : faible lobbying, par conséquent.


5/
La crise met à bas deux mantras qu'on ne cessait de répéter depuis des années :
- "la Russie est un partenaire fiable"
- "Southstream et Nabucco sont compatbles"
On sait désormais que ces deux assertions sont fausses.


6/ En effet, Southstream passe à travers la mer Noire pour parvenir à la Bulgarie, et via la Grèce, la Serbie et la Hongrie, atteindre l'Italie et l'Autriche
Nabucco passe par la Turquie et permet d'atteindre directement les champs gazifères d'Asie centrale, sur et au-delà de la mer Caspienne. On lira à cet effet l'excellent dossier de "Diplomatie" de ce bimestre, qui malgré des accents partisans présente des données brutes et détaillées qui éclairent le dossier.
En clair, en acceptant Southstream, on se lie totalement à la Russie, y compris pour le gaz d'Asie centrale qui est le véritable enjeu de demain.

Il faut donc que la crise russo-ukrainienne de ce début 2009 désille les yeux des décideurs européens.

Olivier Kempf
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Mercredi 7 janvier 3 07 /01 /Jan 23:20

Quelques remarques à propos du gaz russe, qui anime beaucoup les conversations...

1/ Le Kremlin avait essayé de faire croire que Gazprom était, d'abord, une entreprise. Et que donc, à ce titre, elle était habilitée à entrer dans le capital de sociétés occidentales...
Oui, mais c'est le PM Poutine qui vient aujourd'hui de faire fermer le robinet vers l'Ukraine...

2/ Pression sur l'Europe à travers l'Ukraine, dit-on... Mmoui... C'est visiblement tout auutant une pression ukrainienne sur l'Europe. Les deux pays sont des joueurs d'échecs. Ce qui est intéressant, c'est de voir qu'il y a un semblant d'accord à la tête de l'Etat ukrainien, et que les deux frères ennemis, Timotchenko et Youtchenko, semblent sinon à la manoeuvre, du mois couvrir ce qui se passe. Alors qu'ils se chamaillianet comme des diables il y a deux mois. Et que la situation financière de l'Ukraine est catastrophique. Car il n'y a pas de doute que l'infrastructure des tuyaux urkainiens est tout autant sous la domination étatique que Gazprom en Russie.
Bizarre, bizarre....
Oui, il faudrait vraiment qu'il y ait un opérateur indépendant, comme à l'ouest.

3/ L'Europe, dites-vous ? j'attends encore la déclaration européenne des pays qui ont des réserves ou d'autres sources d'approvisionnement de mettre une partie de leur gaz en partage avec les pays d'Europe oriental. N'ai-je pas entendu, au fait, que la France avec 80 M de m3 de stock? Solidarité européenne..... ?
Et si c'était aussi un moyen de tester les limites du système ?

4/ Arme énergétique.... Oui, mais il semble que plus ça va, moins l'Europe est justement dépendante du gaz russe (cf. le billet d'hier de Vincent Jauvert). Dommage, alors qu'on nous chantait, toute l'année dernière, la nécessité d'assurer la "sécurité énergétique".... On entend même des voix dire que l'Otan devrait assurer cette sécurité, à l'est.... on se demande comment. Car il n'est plus question que l'Ukraine rejoigne l'Otan, si j'ai bien compris.

5/ South Stream le russe contre Nabucco l'européen. Mais on ne voit pas très bien quel gaz Nabucco transporterait... et L'Italie et la Bulgarie soutiennent activement Southstream, le projet russe.

Bref, la guerre du gaz me semble très manipulée... et les médias semblent des victimes consentantes de cette manipulation. Et des manipulateurs, j'ai l'impression qu' il y en a partout..... Mon côté parano, sans doute !

O. Kempf

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Vendredi 19 décembre 5 19 /12 /Déc 18:43
Tout le monde redécouvre Keynes.
Comme si Regan et Bush n'avaient pas mené une politique keynésienne d'augmentation radicale des déficits (certes, à coup de réduction d'impôts et de cadeaux aux riches et non par des travaux d'infrastructure et des coups de pouce aux ménages). Mais laissons là ces persiflages.

Saint Keynes, qui justifie que l'Etat s'endette pour financer des relances de l'économie. Et donc, anathème sur la mauvaise Angela Merkel, qui s'accroche à la rigueur. Ouh ! la méchante !

Et bien j'aimerais jouer ma petite musique. Qui n'est pas libérale, toutefois.

Car si je ne suis pas hostile à Keynes, je me méfie d'un risque méta-systémique qui dépasse celui de l'éclatement des bulles actuelles (financière, immobilière, de confiance, etc...). Voir mes billets d'il y a trois mois ici et ici.

De quoi s'agit-il? du risque de faillite généralisé des Etats. Les individus ne faisaient pas faillite : on a trouvé le moyen de leur en donner la possibilité. Les Etats ne faisaient pas faillite, du moins pas collectivement.
Or, là est le méta risque : une défaillance collective d'Etats qui se seraient trop avancés dans des plans de relance hatifs et surtout insuffisamment appuyés.
Car on dit que l'Etat est le payeur en dernier ressort. Vrai en économie fermée. Mais en économie ouverte (qui est notre cadre, n'est-ce pas), le payeur en dernier ressort est celui qui prête. Or, on ne sait pas qui c'est.

Le recours à l'Etat est donc une illusion : on recourt au truchement de l'Etat qu'on considère comme un meilleur emprunteur que les banques et institutions financières. Truchement vers d'autres préteurs. Mal identifiés. Comme dans la crise des subprimes (dilution du risque).

Je crains que l'abus d'Etat ne soit une fausse garantie. Surtout quand elle est mise en oeuvre par des agents qui ont été éduqués, depuis leur plus tnedre enfance, à se méfier de l'Etat.

Il y a un vrai risque eschatologique en matière économique.

Et finalement, A. Merkel a peut-être raison d'être prudente. Et on a tort de la décrire anti-européenne comme on le fait si couramment. Si l'Euro résiste et nous permet de pérorer, c'est quand même parce que c'est un méga-mark. Ne nous trompons pas, et gardons un peu d'humilité.
Il ne faut pas faire trop de mauvaises manières aux Allemands, comme en ce moment. La France n'a pas si intérêt à casser le moteur franco-allemand.

O Kempf
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Lundi 17 novembre 1 17 /11 /Nov 22:27

Décidément, on peut s'attendre à tout, pas les temps qui courent :
que l'Angleterre rejoigne l'euro pour sauver son système bancaire (voir ici, où ça n'est pas dit mais tellement suggéré)
et que l'Allemagne fasse de la relance keynésienne (voir ici, où c'est dit même si ce n'est pas accepté par Berlin).

Car la grande nouvelle, c'est que l'euro stabilise et empêche ses membres de tomber.

On distingue donc deux écoles : ceux qui veulent le rejoindre, au risque de le déstabiliser, et ceux qui veulent le protéger, au risque de de ne pas participer à la gestion mondiale de la crise mondiale.

N'accusons pas trop vite l'Allemagne : sa position n'est pas uniquement dictée par des considérations électorales, mais aussi par a volonté de ne pas créer une nouvelle bulle. Or, tout le monde part du principe que les Etats ne sont pas faillibles (tout comme on partait du principe que le risque était divisable à l'infini, ave le résultat que l'on sait). Si même l'Angleterre risque l'islandisation, la prudence de l'Allemagne n'est pas stupide.

O Kempf

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Mercredi 8 octobre 3 08 /10 /Oct 22:46

La crise financière est une crise de confiance.

 

1/ A l’origine de la monnaie papier, les élites y croyaient mais pas le peuple. Il a fallu un siècle pour que la monnaie fiduciaire (on y fait foi) s’enracine durablement.

Aujourd’hui, les élites (financières) paniquent, quand l’homme de la rue reste stoïque et se rabat sur son livret A.

On compare la crise à l’expérience de 1929 : c’est plutôt à Laws qu’il faut penser, il y a presque trois siècles…..

 

2/ Or, la confiance est, pour la monnaie, une question existentielle. Pas de monnaie sans confiance. La monnaie est fondamentalement un instrument de crédit. Pour avoir du crédit, il faut être crédible, que l’autre puisse y croire, qu’il soit crédule. L’échange est une relation entre deux individus, fondée non sur la créance que l’autre est honnête, mais sur la créance qu’il partage le même système de valeurs que vous. Et ici, le mot valeur revêt son double sens éthique et financier.

 

3/ Que le doute s’installe au sommet de l’échafaudage, et c’est tout le château de cartes qui risque de s’affaisser. Car pour parler simple, il ne s’agit pas seulement de défiance envers des subprimes, des junks bonds et autres titrisations ; il s’agit de perte de confiance entre établissements de crédits, puis envers les banques centrales, et au-delà des garanties du gouvernement. Ce ne sont plus des « modèles » mathématiques qui sont mis en défaut, ce ne sont plus seulement des actions, mais dorénavant des obligations, et bientôt, peut-être, des bons du Trésor (la signature des Etats), avant d’atteindre la quasi-monnaie (souvenez vous des agrégats de M1 à M4) ….

 

4/ La vraie question est donc « qui croire ? ».

« Les poissons pourrissent par la tête », entend-on à New-York en ce moment. Il ne s’agit pas d’une expression américaine, mais de la citation, par un peuple protestant qui connaît ses écritures saintes, du Nouveau Testament.  Ce qui sous-entend, en fait, que le veau d’or est en train de vaciller.

Non qu’il s’agisse pour moi d’apporter une lecture eschatologique : seulement de remarquer que derrière le crédit, derrière la confiance, il y a une question de foi (avec un f minuscule) : Fait-on foi au système ?

En ce moment, la réponse générale est « non ».

 

5/ Cela rend les événements extrêmement inquiétants. On peut lire avec intérêt Michel Grasset. On peut surtout remarquer que cette crise intervient dans un monde fragilisé, où l’émergence de l’Asie n’est pas aboutie, et où la prédominance américaine est partout remise en cause. La crise de foi n’est que le couronnement d’une entreprise générale de défiance : ainsi, le 11 septembre 2001 n’a pas été la date de l’émergence de l’islamisme, mais de la remise en question de l’Amérique.

 

Un temps de troubles s’ouvre donc à nos yeux.

 

Olivier Kempf

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Mardi 30 septembre 2 30 /09 /Sep 23:26

La crise financière actuelle aura indubitablement des conséquences géopolitiques, même s’il est encore trop tôt pour discerner les grandes tendances au milieu du remugle en cours (voir ici).

Toutefois, on peut faire plusieurs remarques :

1/ tout d’abord, un changement radical d’attitude sur la mondialisation. Fukuyama (la Fin de l’histoire) a définitivement perdu la partie. J’ai suffisamment pris mes distances avec lui pour en prendre partiellement la défense ici. Car si nous voyons la fin d’une mondialisation financière et dérégulatrice, il faut noter, dans le même temps, la poursuite d’une mondialisation des échanges (les NIC et le commerce dureront, ainsi que l’avènement de l’ancien tiers-monde). Toutefois, cela sera compliqué car la crise atteint aussi les BRIC (Brésil,Russie, Inde Chine). Mais si le monde sera un peu aplani grâce à la persistance d’une communication mondiale, il restera épais : la géopolitique a plus que jamais de l’avenir.

 

2/Je vois surtout la fin d’un dogme capitaliste qui subit, devant les événements, des assauts très violents qui auraient réjoui nos révolutionnaires marxistes du siècle dernier. On pense bien sûr au discours de Toulon de M. Sarkozy. On note surtout la révolte de « Main street ».Pour une fois, l’homme de la rue américain ne s’élève pas contre « l’Etat central » et « les pourris de politiciens de Washington » mais contre « Wall street » et « les pourris de banquiers de New-York ». Ce transfert géographique du ressentiment entre les deux villes montre, un profond basculement symbolique : il aura des répercussions politiques. Le calendrier électoral entre en résonance avec cette évolution.

 

3/ Est-ce pour autant la fin du libéralisme ? rappelons que la plupart des pays du monde ont dénoncé, la semaine dernière à l’ONU, les vues de l’Occident et tout particulièrement l’attitude des Etats-Unis. Or, on n’est plus au temps de Ban Doeng ou des non-alignés. Il n’y a plus, officiellement, d’idéologie. Pourtant, cette ligue des non-Occidentaux sonnait bizarrement, comme une répercussion du bouleversement du monde que l’on voit depuis deux mois : comme si « le reste du monde » refusait l’association tant vantée entre démocratie et libéralisme. Et acceptait le second pour rejeter la première. La crise de ces jours-ci pose la question : ne faut-il pas aussi rejeter le libéralisme ?

-         Première conséquence : peut-on vraiment séparer démocratie et libéralisme ? et dans le libéralisme, disjoindre libéralisme politique et libéralisme économique ? vieille question, plus que jamais d’actualité.

-         Deuxième conséquence : S’il n’y a plus de libéralisme, par quoi le remplacer ? personne ne sait. Personne ne sait non plus comment le tempérer….

 

4/Dernière remarque : si c’est la fin du « moment américain », initié vers 1894 par la première guerre extérieure des Etats-Unis, il faut se garder d’un excès de déclinisme. L’Amérique restera une grande puissance. Mais transformée. La transformation ne sera plus un discours, mais une réalité.

 

Olivier Kempf

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Mercredi 10 septembre 3 10 /09 /Sep 22:59

En matière de géopolitique des ressources, on avait l’habitude de la relation suivante :

Les besoins en énergie modifient la politique extérieure, qui sera selon les cas plus clémente avec le pays fournisseur (les Européens avec la Libye) ou plus agressive (les Américains avec l’Irak). Mais le grand thème à la mode de ces derniers mois, la « sécurité énergétique » (voir mon article dans Défense Nationale), n’est qu’une variation de cette équation primordiale.

 

Or, voici un cas contraire : les Pays-Bas veulent réintroduire l’énergie nucléaire pour abaisser leur dépendance gazière envers la Russie, au vu des événements en Géorgie (voir ici).

En clair, la politique extérieure modifierait la politique énergétique.

C’est rare et assez nouveau. Mais c’est une des variations de la sécurité énergétique, variation qui est trop rarement aperçue.

Olivier Kempf

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Jeudi 21 août 4 21 /08 /Août 15:36

Dans "Un monde de ressources rares", Lionel Fontayne constate le retour à un principe de spécialisation des économies, alors que la mondialisation avait, jusque là, conduit à une certaine homogénéisation, notamment des pays riches. Il constate cette dernière tendance particulièrement dans l'UE.

Or, le retour de la spécialisation me semble être l'autre face de la différenciation. Peut-être est-ce le signe du trouble actuel, qui n'est pas seulement économique, mais qui est aussi un trouble de confiance dans l'unification européenne, ressentie comme trop intégrante par rapport à des besoins plus diversifiés.

Olivier Kempf

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