Mondialisation

Vendredi 7 novembre 5 07 /11 /Nov 22:46

1/ On observe depuis quelques mois une nouvelle musique idéologique, qui prétend avoir découvert le nouveau clivage de ce XXI° siècle : il s’agirait des démocraties qui s’opposeraient aux autoritarismes. La démarche la plus aboutie vient, comme on pouvait s’y attendre, de Kagan. On distingue donc là un fonds néo-conservateur qui serait le recyclage de ce courant de pensée.

 

2/Or, il n’est que la démarque d’un vieux clivage, autrefois bien plus puissant puisqu’il avait animé toute la guerre froide : l’opposition entre démocratie et totalitarisme.

Souvenez-vous : c’était sur cette articulation idéologique (« le monde libre » contre les Soviets) que s’était bâtie la victoire idéologique de l’ouest.

 

3/ Mais c’est peut-être pour cela que le nouveau est, pour l’instant, si peu convainquant. Il ne réussit à rénover ni l’alliance atlantique, ni sa version fantasmée et inspirée des néo-cons, à savoir la grande alliance des démocraties (OTAN, ANZUS, Japon, Corée du sud, Argentine, ...) contre .... le reste du monde ? ou contre les seules « autoritarismes » ? Cette grande alliance avait été prônée par G. W. Bush lors du sommet de Riga, en 2007, avec le piètre succès que l’on sait.

C’est pourquoi il est curieux de voir la notion persister, au fil des médias.

 

4/ Car bien sûr, la difficulté tient au critère. Sans parler de ce qu’est une démocratie (puisqu’il faut bien distinguer la vision fantasmée des néo-cons de la perception pluraliste des Européens), quel critère adopter pour déterminer ce qui est « autoritaire » voire tyrannique, et ce qui ne l’est pas ? Problème d’autant plus délicat qu’en ces temps de mondialisation, l’Occident est le premier à faire des affaires avec tout un tas de régimes autoritaires (de la Tunisie à la Chine).

 

5/ Ce n’est donc pas la viabilité conceptuelle de ce clivage qui intéresse, mais le fait qu’on l’aperçoive encore régulièrement dans les médias. J’y vois le signe d’une tentative un peu désespérée de maintenir l’influence intellectuelle du modèle occidental – influence délaissée pour des raisons démographiques, et économiques.

J’y vois le signe d’une conception du modèle occidental qui daterait du siècle passé, sans apercevoir les évolutions à l’œuvre en Europe, mais aussi aux Etats-Unis.

J’y vois la faiblesse de cet Occident devant le nouveau modèle qui semble apparaître, formulé dans les années 1980 par M. Lee, premier ministre de Singapour, qui défendait une voie asiatique d’économie de marché, et qui s’accommodait fort bien de l’absence de démocratie : ce modèle semble triompher dans les faits, et devient le modèle politique d’une grande partie de la planète.

 

6/ Il y a donc une petite lueur de vérité, dans la promotion de ce clivage : elle témoigne d’une inquiétude latente, du constat d’un déclin, d’une volonté un peu vaine de vouloir contrer le destin en utilisant de vieilles recettes.

Car il est probable que l’Occident a encore beaucoup de choses à dire. Mais qu’il n’a pas trouver les mots pour le dire au monde, en ce début de XXI° siècle.

La création d’un nouveau langage ira de pair avec les nouveaux concepts, seule façon de revivifier ce modèle occidental qui demeure, j’en suis persuadé, pertinent et universel. Sinon, on aura un modèle politique « made in China » : pas cher, mais de mauvaise qualité.

 

Olivier Kempf

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Mercredi 24 septembre 3 24 /09 /Sep 22:57

Je reviens avec un peu de retard sur un article d’Alain-Gérard Slama, paru dans le Figaro du 10 septembre. Il est intéressant car si A.-G. Slama est un chroniqueur qui a souvent de bonnes idées, il fait aussi partie de ces touche-à-tout que le génie français aime à prodiguer : capable de parler d’énormément de sujets, avec énormément de culture et énormément de présence médiatique. C’est ce qu’on appelle un « leader d’opinion », reconnu par le milieu et doué souvent d’idées intelligentes, juste en avant de l’opinion commune. C’est un talent que d’être toujours juste assez devant pour paraître original, sans être trop décoiffant pour ne pas choquer. C’est aussi ce qu’on appelle un prescripteur. Et sans lui faire injure, ses propos ont naturellement tendance à devenir rapidement la nouvelle doxa. De ce point de vue, il faut toujours le lire avec attention, car il est fécond, brillant et toujours intéressant.

 

Ainsi, dans cette chronique, il parle de la balkanisation du monde dont il a conscience à la suite de l’affaire géorgienne. Celle-ci n’est qu’un prétexte à sa pensée. Car il constate que « c’est l’importance du rôle joué par la mondialisation dans la régression générale des peuples vers des revendications d’appartenance ethnique ou religieuse ». En effet, la mondialisation affaiblit l’Etat. Or, « seul l’Etat peut garantir l’unité des frontières, et les seules fédérations qui tiennent ensemble sont celles qui sont organisées autour d’un Etats fort – la Suisse étant l’exception qui confirme la règle ». M. Slama est ce qu’on appelle un libéral, sinon économique, du moins politique. Le voir défendre le rôle de l’Etat est définitivement le signe que quelque chose a changé dans ce XXI° siècle. La régulation devient nécessaire ! et ce plaidoyer nouveau en faveur de l’Etat tire aussi ses racines dans la crise financière et le constat général d’un besoin de régulation.

 

Mais A.G. Slama va plus loin, et tire les conséquences du nouvel état : « Suffira-t-il que le simple changement démographique à l’intérieur d’une nation puisse justifier la reconnaissance d’un séparatisme, voire d’une annexion ? ». On ne saurait mieux dénoncer les dangers de l’ethnisme et la confusion des luttes de libération nationale du XIX° siècle avec les aspirations micro-politiques de populations qui s’octroient le nom de peuples, au motif d’un patois parfois inexistant et recréé de toute pièce.... Pour l’auteur, « c’est toute la définition européenne de l’Etat-nation comme volonté de vivre ensemble et de la frontière comme inscription du droit de l’espace qui est en cause ». On apportera ici deux commentaires : d’une part, on ne sache pas qu’il s’agisse d’une définition européenne de l’Etat-nation, car j’ai plutôt l’impression qu’il s’agit d’une doctrine bien française ; d’autre part, le plaidoyer en faveur de la frontière juste après avoir chanté les mérites européens amusera le lecteur qui se souviendra des litanies psalmodiées en leur temps au sujet du monde sans frontière qu’allait inventer la construction européenne.

 

Mais le meilleur vient en conclusion : « le démembrement d’une nation pour raisons ethniques est dangereux : il faudrait admettre que la volonté de vivre ensemble cesse de relever du choix d’individus responsables et autonomes, réunis autour d’une même idée de la liberté, pour ne plus obéir qu’au déterminisme d’appartenances qui sont par nature totalitaires ». Et là, M. Slama, je ne peux que vous approuver entièrement, car il s’agit très exactement des thèses que je ne cesse de défendre dans ce blog et que j’ai évoquées dans un article de 2006. Je remarque que votre prise de conscience intervient après l’affaire géorgienne, alors qu’elles pourraient très bien s’appliquer à d’autres cas européens où l’on s’est fort bien accommodé (imprudemment) des atteintes au principe que vous énoncez ici.  Je ne doute pas que vous pousserez votre raisonnement au terme de sa logique.....

 

Car il affirme que la mondialisation, créant la balkanisation, impose de sauver l’Etat.

 

Olivier Kempf

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Mardi 16 septembre 2 16 /09 /Sep 23:51

La faillite de Lehman brothers  prouve que la purge n’est pas terminée. Mais avant que d’évoquer cette crise boursière, il faut tout d’abord revenir sur le néo-déclinisme états-uniens.

 

1/ Néo-déclinisme ? de quoi s’agit-il ? tout simplement du retour en force des thèses déclinistes qui avaient un temps couru et qui reprennent, l’actualité aidant, une vigueur remarquable.

Précisons tout de suite qu’il s’agit du déclin américain, et non du déclinisme à la française, qui n’en est qu’un pâle reflet (même si on pourrait trouver d’évidentes analogies entre les deux).

Ce déclinisme trouve son origine dans l’ouvrage de Paul Kennedy, « the rise and fall of great nation », paru en 1988 (avant donc la chute du mur !) et qui, s’appuyant sur l’exemple des empires français, anglais et hollandais, montrait que toutes ces puissances mondiales perdaient leur suprématie à la suite d’une surextension (overstretching). Cela avait été un grand succès à l’époque, car chacun y avait vu une critique de l’empire américain.

La fin de l’URSS, la guerre du Golfe, la notion d’hyperpuissance avaient mis sous le boisseau cette vision. Au contraire, un Fukuyama présentait une Amérique triomphante. Les attentats du 11 septembre, l’enlisement irakien et la vogue du choc des civilisations ont remis en question ce suprématisme, malgré les thèses volontaires des néo-conservateurs.

Et l’on observe le retour d’un certain déclinisme, que nous nommerons néo-déclinisme : l’ouvrage d’Emmanuel Todd (Après l’empire, 2003 ) ou celui de  Charles Kupchan (The end of the American era, 2002)  en sont les signes récents.

Au point d’ailleurs que l’on puisse considérer les thèses conservatrices comme une réaction à ce déclin ressenti même s’il n’est jamais exprimé ni théorisé. Le nom même du principal groupe de pensée (think tank) néo-conservateur en est l’illustration flagrante : « Project for the new American century ». S’il faut le projeter, c’est que ce nouveau siècle américain ne va pas de soi !

 

2/ Le déclin était une hypothèse. Et l’on pouvait s’interroger sur le succès ou l’échec des présidences Bush. Certains montraient même que, sans être un néo-conservateur invétéré, on pouvait y trouver quelques vertus. Toutefois, s’il faut bien noter un deuxième mandat Bush moins catastrophique que le premier, avec une tentative de rapprochement avec l’Europe et une résolution relative de l’affaire irakienne, le résultat de la diplomatie américaine n’est tout de même pas brillant.

Du simple point de vue européen, l’échec de l’élargissement otanien à Bucarest, et l’absence de réaction devant le coup de force russe en Géorgie sont les signes de cet effacement. Et je ne parle pas des difficultés afghanes, de l’interrogation pakistanaise, de l’inertie au Proche-Orient, ou da l’affaissement généralisé de l’influence dans le pré carré sud-américain. Sans même évoquer l’émergence chinoise.

Aux yeux du monde, l’Amérique n’est plus une solution. Et notre anti-américanisme français est de la gnognotte gentillette comparée à ce qu’on observe en Turquie, vieil allié américain s’il en est.

Toutefois, le débat restait cantonné aux affaires diplomatiques.

 

3/ Or, la crise financière américaine est en train de tout changer, et de métamorphoser une crise localisée dans le champ des affaires étrangères en une crise structurelle. On a ici loué le livre de Colin Gray (ici) dont une des conclusions marquait le maintien d’une certaine puissance américaine au XXI° siècle (si l’Amérique ne sera plus le géant qu’elle a été, elle demeurera une puissance majeure).

On en vient à s’interroger : et si l’affaissement américain était encore plus profond qu’on ne pouvait l’envisager ?

En effet, la question que les spécialistes ont posée tout au long de l’année 2007 était : la sphère financière va-t-elle contaminer l’économie réelle ? 2008 a répondu : oui.

Mais la vraie question de cet été 2008 (car jusqu’au 21 septembre, sauf erreur, nous sommes encore en été) est la suivante : la sphère économique va-t-elle contaminer la sphère politique ?

Insister sur cet « été » donne des éléments de réponse : ce furent les Jeux Olympiques de Pékin (voir ici), que tout le monde a compris comme l’accession de la Chine au rang de grande puissance. Sans noter que c’était surtout l’accession du peuple chinois à l’ère de la communication (regardez l’affaire du lait contaminé, ou des catastrophes naturelles du printemps : une opinion publique chinoise devient une force agissante). Et plus qu’une puissance, il faut voir la fragilité. L’été, ce fut aussi l’affaire géorgienne, dont nous avons maintes fois parlé dans ces colonnes. L’été, c’est enfin l’effondrement financier auquel nous assistons. Il ne s’agit pas d’un jeudi noir. Il ne s’agit pas d’une « explosion », brutale et soudaine. Mais d’un affaissement sans fin, commencé l’an dernier et dont nous voyons la précipitation dans le trou noir de la perte de confiance (sur les aspects psychologiques de cette crise, voir ici Philippe Grasset, prophète décliniste s’il en est).

C’est pourquoi cette crise boursière est probablement bien plus qu’une crise boursière. Isolée, elle pouvait être contrôlée. Conjuguée avec les autres ruptures (je me méfie de ce mot, contrairement à bien d’autres, et pourtant ce mot est le seul qui me vient à l’esprit), elle marque un bouleversement de grande ampleur. Qui dépasse le seul cas des Etats-Unis. Et qui rend la prédiction extrêmement aléatoire.

 

Bref, cette crise boursière est peut-être la dernière manifestation du déclin d’une certaine forme d’Occident, à laquelle l’Amérique nous avait habitué tout au long du XX° siècle.

 

Le 11 septembre 2008 n’est peut-être rien à côté de ce que nous sommes en train de vivre. Et l’été 2008 marquera peut-être plus les livres d’histoires que l’effondrement de deux tours new-yorkaises…..

 

Olivier Kempf

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Lundi 1 septembre 1 01 /09 /Sep 23:07
J'avais évoqué un jour la notion de diversité culturelle (ici).

Je tombe, au détour d'un livre, sur ce constat (je cite de mémoire) :
les dictateurs et les despotes aiment opposer la notion de diversité quand on leur assène les droits de l'homme et la démocratie.

Il faut garder cela à l'esprit quand la France, en se servant de la francophonie, défend le principe d'exception culturelle, moyen de lutter contre l'uniformisation du monde, qui serait provoquée par la mondialisation.

Sommes nous réellement adpetes de la diversité culturelle ? la façon dont nous la comprenons, en Occident, est-elle partagée par tous ? n'est-ce pas ce hiatus qui provoque le peu de succès de cette conception d'exception ou de diversité ?

Je ne dis pas qu'il faut tout tolérer.
Seulement qu'il faut faire attention à nos mots, que nous disons de bonne foi mais qui retentissent différemment chez d'autres. Et que sous couvert de notre ouverture à autrui, nous poursuivons l'oeuvre de domination culturelle et d'occidentalisation.

Là encore, non que l'occidentalisation soit forcément un mal (ou un bien). Juste qu'elle est d'autant plus effeicace (ou nuisible, c'est selon) qu'elle avance masquée, commed ans cette notion de diversité.

Qui veut faire l'ange fait la bête.

Olivier Kempf

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Mercredi 30 juillet 3 30 /07 /Juil 19:36
OMC et ronde de Doha : c'était compromis dès le départ. Et donc, les négociateurs n'ont pas conclu (voir ici).

C'était prévisible. Est-ce pour autant définitif ?

Cette question me paraît surpenante, même à moi.

En effet, j'avais tendance à croire à l'affaiblissement de l'idéologie de la mondialisation.

1/ En clair, la théorie économique libérale était en vogue la dernière décennie. Car ayant vaincu la théorie concurrente, elle même "économique", le marxisme.
Donc, cette nouvelle théorie expliquait le monde :
- tout d'abord, sur des fondements économiques : Thèse de Ricardo sur  le commerce international, qui le présente comme une "bonne chose", puisque favorisant la spécialisation selon l'avantage comparatif. Ricardo, et le néo-ricardisme, sont au commerce international et à la mondialisation ce qu'est Smith aux néo-libéraux : une bible.
Dès lors, la mondialisation est "bonne" puisqu'elle permet de s'enrichir. Et donc, vive la dérégulation, l'OMC, le FMI.
- dans le même temps, cette victoire dans le domaine de la pensée économique ouvrait la voie au triomphe de la pensée phisolosophique des affaires internationales : c'est la doctrine de la "fin de l'histoire", beau programme énoncé par Fukuyama. Il s'agissait de philosophie (la fin en question fait référence à Hegel), il s'agit surtout d'idéologie.

2/ Et puis, un double phénomène a vu le jour simultanément :
- tout d'abord, le triomphe apparent de cette mondialisation, qui amène des pays "émergents" (il faudra que je revienne un jour sur ce mot) à effectivement s'enrichir grâce à leur avantage comparatif : Ricardo n'a pas si tort. C'est d'ailleurs à partir de ce moment que s'amenuise l'anti-libéralisme, qui avait mené des violents combats lors des sommets de Seattle et de Gênes, souvenez-vous. Qui entend aujourd'hui les alter-mondialistes, maintenant que chacun constate que les pays du tiers-monde s'enrichissent....? Personne, on ne les entend plus !
- et du coup, le retour en grâce d'un certain protectionnisme (on redécouvre Friedrich List, qu'on n'apprenait autrefois que pour dire qu'un gars, une fois, avait essayé de jsutifier 'classiquement' cette horrible chose qu'est le protectionnisme : citer List permettait de prouver sa neutralité intellectuelle, mais personne ne le lisait. Il fallait déréguler) . Donc, vive le protectionnisme libéral, notamment chez les anciens pays riches et capitalistes, qui voient se modifier en leur défaveur les "termes de l'échange". Surtout, ils constatent que la dérégulation leur permettait d'assurer des revenus induits, et que la nouvelle configuration réduit fortement ces avantages.
Dans le même temps, on constate un certain protectionnisme de la part des pays émergents, qui fondent une partie de leur décollage sur certaines barrières.

3/ Ceci explique la prévisibilité de l'échec des négociations de Doha, que tout le monde a constaté. L'échec de Doha s'interprète alors comme l'alliance :
- du protectionnisme libéral des pays riches qui veulent protéger ce qui leur reste de richesse
- du protectionnisme des pays émergents qui veulent protéger leurs barrièes à l'entrée.

4/ On peut bien sûr y voir une rétracation de la mondialisation, un repli sur soi, une nouvelle frilosité qui expliqueraient de nombreux raidissements (voir ici), et prouveraient
a contrario la justesse de la théorie Fukuyamesque (l'échec du modèle libéral, économique mais aussi politique, provoquant le retour des égoïsmes, donc de la guerre).
Et bien sûr, j'ai cette approche à l'esprit, et je continue de la considérer comme globalement juste.

5/ Toutefois, je veux immédiatement y apporter une nuance. Car rien ne dit que ce repli soit définitif et pérenne (tout comme rien ne disait, il y a quinze ans, que Robert Reich avait raison en expliquant la mondialisation). Rien ne dit que la mondialisation ne soit pas un phénomène durable, et même permanent, qui soit le signe d'une unification du monde.
Alors, les rétractions actuelles ne seraient que des phénomènes d'adaptation, des réactions d'épiderme conduisant à un ajustement, quitte d'ailleurs à ce que cet ajustement produise localement des tensions si aigues qu'elles se résolvent par des conflits violents. Toutefois, cela resterait circonscrit localement, et ne toucherait pas le mouvement de longue durée. Ce qui suggérerait que la reprise des négociations de Doha pourrait un jour aboutir.

6/ Le lecteur attentif de ce blog trouvera, forcément, quelque contradiction entre ce billet et celui que j'écrivai pour rendre compte du bouquin de Cohen-Tanugi.
Je me moquai de sa tendance à considérer que la mondialisation était l'alpha et l'omega du XXI° siècle. Je dois préciser ici que je crtiquai le primat donné à l'économie dans l'analyse de cette mondialisation.
Or, je précise ici que la mondialisation me paraît être un fait qui a certes des fondements économiques, mais aussi culturels, politiques et pour tout dire, civilisationnels. Un géopolitologue a, d'abord, une approche politique même s'il considère aussi les facteurs économiques (dans ce dernier cas, il n'oublie pas de discerner les motifs idéologiques des théories économiques, qui correspondent naturellement à des "représentations", terme avec lequel le géopolitologue est très familier).

Une mondialisation : mais sans pour autant considérer que la terre soit "plate" (Th. Fridemann) : unification ne signifie pas uniformité !

Olivier Kempf
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Dimanche 27 juillet 7 27 /07 /Juil 11:41
Je m'interroge, après la nouvelle victoire électorale d'un indépendantiste écossais, sur la signification de ces raidissements.
Flandres, bien sûr, mais aussi Autriche, Pays-Bas, Suisse, Danemark, Ecosse, voire Slovaquie, Suède, Norvège. Dans le cas écossais, on ne peut plus dire qu'il s'agit d'un égoïsme de riches (le pétrole de la mer du nord s'épuise), alors que c'était l'explication avancée pour le cas flamand.

Ces petits pays européens paraissent les plus craintifs devant la mondialisation, et développent des réactions beaucoup plus virulentes.
 Comme s'il y avait un rapport entre la (petite) taille d'un pays et sa réaction vigoureuse. Plus c'est petit, plus ça coince, en quelque sorte.

Je sais, vous allez évoquer Le Pen en France, les autonomies espagnoles, la Lega italienne, les jumeaux polonais. Ce sont peut-être des phénomènes abreuvés à la même source. Ils sont plus anciens toutefois. Ce qui est nouveau, ces dernières années, c'est que cela frappe les "petits".

Comme s'il ne s'agissait plus seulement de diversité culturelle.

Et comme si l'Europe ne remplissait plus son office traditionnel, de protection contre la mondialisation.

Olivier Kempf
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Dimanche 13 juillet 7 13 /07 /Juil 19:17

Le contraire de global, c'est partiel, m'explique un dictionnaire d'il y a vingt ans.

Du coup, je remarque la similitude :

Globalité
Totalité

Une question me vient alors :

La globalisation est-elle un totalitarisme ?


Olivier Kempf

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