Lituanie et énergie

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Je reviens sur la cas lituanien, pour montrer que la géopolitique des ressources, et sa variante la "sécurité énergétique", ne sont pas seulement une afffaire de gaz et de pétrole.

Les détails en sont donnés par Olivier Truc dans Le Monde du 14 mai dernier (voir article)

De quoi s'agit-il ?

Pour adhérer  à l'UE, Vilnius avait promis de fermer la centrale nucléaire d'Ignalina d'ici 2009 (de type Tchernobyl). Or, le 2ème bloc de la centrale fournit 80% de l'électricité consommée en Lituanie. Une nouvelle centrale devrait être construite avec Estonie, Lituanie et Pologne, mais le projet n'est pas mûr et rien ne sortira de terre avant dix ans. Donc, à court terme, Vilnius dépend des importations de gaz de Moscou, afin d'approvisionner la centrale thermique restante (à Mazeiku). Tandis que Moscou anonce vouloir construire une centrale dans l'enclave de Kaliningrad, ce qui torpillerait le projet balte.
Donc, Vilius ont mis leur veto aux négociations UE-Russie sur un accord de partenariat. Avec , on le devine, un double objectif :
- faire pression sur l'UE pour retarder l'échéance de 2009 ;
- faire pression sur Moscou à la fois sur le gaz et la centrale.

Du coup, c'est tout le dialogue entre l'Europe et la Russie qui est affecté (après le véto polonais sur la viande, etc...).

Conclusions
1/ L'Europe est instrumentalisée par chacun des membres, selon des objectifs géopolitiques propres : c'est normal, surtout de la part des pays de l'est qui doive encore apprendre les bénéfices à retirer de l'Europe. Or, le veto mis handicape certes l'Europe, mais aussi la Russie. En ce sens, la communauté fait profiter ses membres de sa puissance douce économique, d'une façon plus efficace que l'OTAN. J'y vois un moyen de convaincre peu à peu les nouveaus adhérents des bienfaits du système européen. C'est donc, malgré les apparences, une bonne chose.

2/ L'énergie, ce n'est pas seulement le gaz et le pétrole. En ce sens, la politique nucléariste de M. Sarkozy part de cette intuition profonde. On l'a beaucoup vu en Méditerranée ou en Orient, mais elle existe aussi en Europe, aussi bien en Grande-Bretagne (investissements récents d'Areva, voir
article) qu'en Lituanie.

3/ Kaliningrad revêt une importance géopolitique majeure pour la Russie, aussi bien envers l'Europe qu'envers les pays baltes (cf. mon billet).

4/ Encore une fois depuis le nouveau gouvernement, la Pologne choisit visiblement un rpofil bas, moins anti-russe qu'avant.

Olivier Kempf
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