Monroe et l’étranger proche : miroirs parallèles
A observer les deux rives de l’Atlantique , on s’interroge : y a-t-il une double évolution inversée et pourtant symétrique, comme le miroir renvoie une image ressemblante, mais à l’envers ?
1/ D’un côté en effet, l’Amérique constate l’affaiblissement de la doctrine Monroe : énoncée en 1823, elle fit jurisprudence tout au long du XX° siècle. Mais nous observons actuellement une émancipation de l’Amérique du sud, à laquelle la recréation de la IV° flotte (voir ici) ne peut mais.
De l’autre versant, voici une Russie rétractée qui recommence à agir dans son « étranger proche ». Derrière cette formule se cache la doctrine Monroe à la moscovite, et l’affaire ossète serait le début d’une nouvelle respiration auprès des marges russes.
2/ Pourtant, y a-t-il vraiment contradiction ? ne faut-il pas constater plutôt l’épuisement de la référence impériale ?
Ce modèle a subi à l’est un premier craquement le jour où le mur de Berlin est tombé, et à l’ouest le second lorsque le mur de la rue / la rue du mur (Wall Street) s’écroule à son tour. Car à New York, c’est peut être l’effondrement de la bourse qui marque la fin d’un monde, bien plus que l’effondrement des deux tours.
Russie et Amérique resteront des puissances. Mais il leur faudra trouver, toutes deux, un modèle post-impérial.
Olivier Kempf