Quelques perles (antiaméricaines ?)
Je vous ai déjà parlé de J. Ph. Immarigeon. J’ignorais qu’il tenait un blog (voir http://americanparano.blog.fr/ ). Les amateurs de dedefensa.org y trouveront une nouvelle pitance. Là encore, il s’agit d’un blog aux apparences anti-américaines, mais il fait toujours réfléchir. Or, je vois peu de blogs « pro-américains » qui fassent autant réfléchir (y a-t-il d’ailleurs des blogs de géopolitique qui soient pro-américains ?).
Mais je dois dire que je suis très réticent à cette classification entre pro- et anti-américains. Certes, il s’agit d’une passion française, mais je la trouve inopératoire.
Car je ne crois plus qu’il faille réfléchir le monde au travers du seul rapport à l’Amérique. En ce sens, je vais probablement plus loin qu’Immarigeon ou Ph. Grasset, qui continuent de travailler avec talent à la « déconstruction » (que je n’aime pas ce mot !) de l’empire.
Celui-ci est déchu. C’est un fait que la crise géorgienne et la chute boursière ont manifesté aux yeux de tous. Même Alan Greenspan a reconnu que sa foi vacillait. Mais reconnaissons, au passage, l’anticipation de ces prophètes (Immarigeon et Grasset) qui nous l’ont dit avant tout le monde.
Toutefois, si l'empire est déchu, cela ne signifie pas qu'il ne représentera plus rien demain. C'est toute la portée géopolitique du XXI° siècle que de préciser le rôle que conserveront des Etats-Unis "normaux". A cet égard, la doctrine multipolaire est aussi insatisfaisante que la doctrine de l'hyperpuissance. C'est le sens de ce blog que de tenter d'aller voir à l'avant. Avec finalement bien peu de certitudes.....
Par ailleurs, je signale l’excellent article du LCL J.-P. Steinhoffer, « l’ennemi innomé », dans le dernier Défense Nationale. L’amiral Girard a le chic pour nous trouver à chaque numéro un article de fond qui nous fasse penser. Dans ce cas, il s’agit d’une remarquable dénonciation du concept de « guerre contre le terrorisme ».
Le lecteur assidu de ce blog sait que je suis depuis toujours très remonté contre ce concept (qui est pourtant, malencontreusement, au centre de l’argumentation du LB sur la défense). Je ne crois pas avoir trouvé le temps de vous faire part, en profondeur, des raisons de ce ressentiment. Sachez qu’une grande partie d’entre elles se trouve dans cet article qu’il faut lire. (d’ailleurs, il y a plein de choses bien dans ce numéro, qui est très géopolitique).
Steinhoffer se place du point de vue de la pertinence juridique de la « guerre contre le terrorisme », devenue depuis longue guerre, bien qu’elle n’est jamais été déclarée et qu’on n’en connaisse pas l’ennemi. Un article court et remarquable.
Olivier Kempf