Réunification de Chypre

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Mercredi 2 avril 2008, la rue Ledra, au centre de Nicosie, était ouverte. Certes il faut des visas, et l'armée turque n'est pas loin.
Mais le symbole est significatif, à plus d'un titre :
- la dernière capitale divisée au monde recommence à s'ouvrir ; Que ça ait lieu en Europe est une bonne nouvelle.
- la méthode européenne est utilisée, pariant sur des solidarités quotidiennes plutôt que sur des arrangements théoriques.
- une démarche des petits pas est avancée.

Au-delà, on voit bien ce qui coince : la position turque, et ses rapports avec l'Union Européenne. Le fait qu'on s'éloigne des dissensions publiques est un atout évident. Le fait que les négociations entre Ankara et l'UE se pousuivent, aussi. L'ouverture de l'OTAN à Chypre est un autre facteur positif. Enfin, l'élection du nouveau président de Chypre (Demetris Christophais), curieusement post-communiste, est le dernier facteur qui favorise cette évolution.
On est loin des grandes machineries chargées de symboles (plan Annan, référendum sur la réunification), qui laissaient la place aux extrêmes. L'avancée silencieuse par la constitution de liens quotidiens (économiques, familiaux, culturels) est une démarche qui favorisera plus l'unité que les grands discours politiques.
On rejoint ici la vraie politique, celle qui laisse la place au liens ténus dont l'accumulation crée des solidarités réelles.
Surtout, un espoit est né, celui de surmonter des divisions linguistiques (et non ethniques, comme on le dit trop souvent) qui sont trop faciles à mobiliser.
Chypre n'est pas les Balkans, mais n'en est pas loin. On y discerne aussi la vieille opposition entre Otttomans (plutôt que Turcs) et Grecs. Que des rapprochements soient possibles est une bonne nouvelle pour tout le sud-est de l'Europe, et pour la Méditerranée.

Publié dans Confins balkaniques

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