Les journées de rose de la Russie

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1/ Les journées de la Russie se succèdent, toutes plus radieuses les unes que les autres. Non que j’y connaisse quoique ce soit à la météorologie moscovite (pleut-il ? neige-t-il ?), mais je regarde la presse. Dans le désordre :

-         l’A.G. des Nations Unies a voté une résolution recommandant de demander à la CIJ de se prononcer sur la valeur juridique de l’indépendance du Kossovo (voir ici)

-         les troupes russes se sont retirées avec deux jours d’avance des zones occupées, leur assurant un coup de pub incroyable (sur l’air :« les Russes tiennent leurs engagements, ils sont fiables ») ;

-         A Evian, M. Sarkozy est prêt à discuter du nouveau partenariat de sécurité (voir ici) et même à organiser un sommet de l’OSCE avant fin 2009 (voit Le Temps)

-         Il a même accepté que les Abkhazes et les Ossètes participent aux discussions de Genève la semaine prochaine.

-         Il paraît également que les négociations sur le partenariat stratégique entre l’UE et la Russie reprendront, alors que leur suspension avait été quasiment la seule mesure de rétorsion européenne à l’affaire de l’été : un froncement de sourcil qui n’aura pas duré bien longtemps.

-         La Biélorussie a accepté le déploiement de S-300 russes, comme une réponse au BAM américain. D’ailleurs, M. Loukachenko a gagné les élections après avoir fait croire qu’il pratiquait l’ouverture (voir ici).

-         A propos d’élections législatives, le président pro-occidental ukrainien a été forcé de dissoudre le parlement et se présente diminué devant les électeurs (voir ici).

-         Tout ceci alors que les ministres des affaires étrangères de l’Otan se réunissent à Budapest pour constater leur difficultés.

 

2/ Cette accumulation de « bonnes » nouvelles pour Moscou a toutefois plus de signification que la seule validation de la stratégie suivie depuis deux ans.

Car on s’était inquiété du tiraillement observé fin août à Moscou, entre ceux qui favorisaient un dialogue avec l’Europe et les ultras (néo-eurasistes) qui promouvaient une ligne dure, militaire et isolationniste. Il semble bien que la ligne pro-européenne ait gagné. Mais il est trop tôt pour l’attribuer à un homme : en clair, Medvedev et Poutine paraissent sur la même ligne.

 

3/ Il faut maintenant observer les prochaines étapes : les suites du BAM, les négociations sur le traité FCE, les négociations russo-américaines sur les armements stratégiques, et le pacte de sécurité européen de M. Medvedev.

Tout ceci risque toutefois d’être affecté par la crise financière, notamment si elle ruine les novorichis russes qui soutiennent la ligne pro-européenne.

A une stabilité en construction s’oppose une instabilité ravageuse : qui prendra le dessus ?

 

Olivier Kempf

Publié dans Russie(s) (toutes )

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